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Anthropic achète 3,5 gigawatts de capacité de calcul auprès de Google

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Anthropic met tous ses œufs dans le même panier avec Google et Broadcom. L’entreprise signe un accord pour plusieurs gigawatts de capacité cloud pour ses modèles d’IA sur le matériel de Google.

La société d’IA Anthropic a annoncé le lundi de Pâques avoir signé un nouvel accord avec Google. Cet accord garantit à Anthropic plusieurs gigawatts de capacité supplémentaire dans les centres de données de Google et inclut également l’utilisation des puces maison de Google. Broadcom intervient en tant que tierce partie dans cette collaboration, car elle aide Google dans le développement de ces puces.

Broadcom avait formellement annoncé la nouvelle le même jour via un document déposé auprès de la SEC, le gendarme boursier américain. Dans ce document, Broadcom annonce qu’elle continuera à développer et à fournir des Tensor Processing Units (TPU) spécialisées à Google jusqu’en 2031 au moins. Il mentionne également qu’Anthropic utilisera 3,5 gigawatts de capacité sur les puces de Google à partir de 2027.

Pas sans risque

Le document de Broadcom contient toutefois une clause frappante, comme l’a noté The Register. « Le fait qu’Anthropic utilise réellement cette capacité de calcul d’IA étendue dépend du succès commercial continu de l’entreprise », peut-on lire textuellement. Cela implique que Broadcom nourrit tout de même quelques doutes sur la viabilité d’Anthropic. Le récent tumulte avec le Pentagone aura contribué à alimenter ces doutes.

Dans sa propre annonce, Anthropic tente de dissiper ces doutes en mentionnant que son chiffre d’affaires est passé à trente milliards de dollars, contre 9 milliards de dollars en 2025. Pourtant, Anthropic, tout comme OpenAI, n’est pas rentable à l’heure actuelle. Cela s’explique par les coûts d’investissement élevés pour l’entraînement et le fonctionnement des LLM.

Cinquante milliards par gigawatt

Le Financial Times estime le coût total d’un gigawatt de capacité d’IA entre trente et cinquante milliards de dollars. L’accord récemment conclu entre Anthropic et Google a une valeur potentielle de centaines de milliards de dollars. Le chiffre d’affaires réalisé par Anthropic est donc loin d’être suffisant pour couvrir les coûts.

L’entreprise doit compter sur de généreux investisseurs pour payer les factures. La dernière levée de fonds du concurrent OpenAI montre que les investisseurs sont toujours prêts à ouvrir leur bourse pour maintenir le battage médiatique autour de l’IA, sans trop se soucier de leur retour sur investissement. Mais aucune entreprise ne peut rester indéfiniment déficitaire, pas même Anthropic ou OpenAI.

Fidèle à AWS

Une partie sera moins ravie de ce ménage à trois entre OpenAI, Google et Broadcom. AWS a déjà injecté plusieurs milliards de dollars dans Anthropic en échange de l’utilisation de son infrastructure de puces et de ses services cloud. Pour ne pas mordre la main qui la nourrit, Anthropic confirme qu’AWS « reste le principal fournisseur de cloud et partenaire d’entraînement ».

L’accord avec Google doit toutefois permettre de mieux répartir sa capacité. Anthropic fait face à des difficultés de croissance pour continuer à soutenir la popularité de Claude. Les utilisateurs se plaignent de limites d’utilisation restreintes et les mesures prises pour mieux répartir la capacité ne semblent pas faire de différence pour l’instant.

« Nous entraînons et faisons fonctionner Claude sur différents types de matériel d’IA, provenant d’AWS, de Google et de Nvidia, ce qui nous permet d’attribuer les charges de travail aux puces les plus adaptées. Cette diversité de plateformes se traduit par de meilleures performances et une plus grande résilience pour les clients qui comptent sur Claude pour des tâches cruciales », écrit Anthropic.