Ce qu’il faut retenir du CES 2026 : Intel contre AMD contre un peu de Qualcomm

Ce qu’il faut retenir du CES 2026 : Intel contre AMD contre un peu de Qualcomm

2026 promet d’être une année passionnante. Le CES de cette année a été le théâtre d’annonces importantes pour l’informatique d’entreprise, illustrant surtout la situation du monde du PC.

Alors qu’au CES 2025, nous devions parfois nous reposer les yeux de rouler, l’édition 2026 a agréablement surpris. Le CES ne serait pas le CES sans gadgets sous forme d’ordinateurs portables et d’écrans de toutes tailles qui se plient dans tous les sens, ou de PC déguisés en claviers, mais cette année, le salon de Las Vegas est le décor de plus que de simples faits divers.

Intel est de retour

Le MVP de cette année est Intel, qui, au moins sur le papier, semble être de retour en force. Le fabricant lance Panther Lake lors du CES et reçoit ainsi à nouveau le prix du leadership technologique après des années de poursuite. Panther Lake, ou plus formellement Intel Core Ultra Series 3, sort en effet d’une ligne de production Intel 18A.

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Intel 18A est l’équivalent de TSMC 2 nm. Seulement, le grand concurrent AMD n’a pas encore de processeurs 2 nm sur le marché pour le moment. Au lieu de cela, AMD a annoncé Ryzen AI 400, sans différences vraiment notables par rapport aux excellentes puces Ryzen AI 300 de l’année dernière.

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De plus, Intel semble être sérieux avec Panther Lake. Presque tous les fabricants de PC ont annoncé la semaine dernière des ordinateurs portables avec les nouveaux CPU à l’intérieur. De plus, il s’agissait de lancements très concrets, les premiers appareils étant effectivement en vente avant le printemps. D’ici l’été, Panther Lake devrait être omniprésent.

Des ordinateurs portables de tout le monde

Lenovo embrasse certainement Intel avec beaucoup d’amour. La plupart des annonces de PC professionnels du fabricant concernent des appareils dits « Aura Edition ». C’est un joli mot pour « Intel-exclusif ». Comme d’habitude au CES, l’accent initial des annonces est mis sur le segment le plus haut de gamme, où nous pouvons bientôt nous attendre à de nouveaux ThinkPads et ThinkBooks.

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MSI s’implique également avec enthousiasme dans les débats sur les ordinateurs portables professionnels avec le lancement de nouveaux ordinateurs portables Prestige et Modern, également construits autour d’Intel Core Ultra Series 3. Les puces « X » sont mises en avant et peuvent y prouver que le GPU Arc intégré qu’Intel intègre dans la puce en vaut la peine.

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De son côté, Dell surprend avec la réintroduction de la marque XPS. L’ordinateur portable le plus haut de gamme du segment B2B de l’entreprise est également équipé d’Intel Panther Lake.

Pas (ou oui) Pro Max

Apparemment, ce n’était pas une si bonne idée de nommer l’ensemble du portefeuille avec (une combinaison de) les termes Pro, Max et Premium. Le COO de Dell a admis de manière rafraîchissante au CES que la restructuration des noms de marque n’avait pas tout à fait fonctionné, à la surprise de absolument personne en dehors de Dell.

Personne, sauf MSI, qui a tiré toutes les mauvaises conclusions en termes de marketing. Nous avons pu accueillir au CES la famille MSI Pro Max, avec des ordinateurs de bureau MSI Pro Max AI+, ainsi que quelques autres appareils et composants portant le label Pro Max.

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Cependant, le processeur AMD Ryzen AI Max+ ne se retrouve pas dans les ordinateurs de bureau MSI, bien qu’ils partagent AI, + et Max dans leur nom. MSI intègre cependant la puissante puce Strix Halo AMD avec CPU, GPU et mémoire partagée dans un nouvel ordinateur de bureau, mais celui-ci porte le nom AI Edge.

Tous les CPU sont les bienvenus

MSI n’est pas le seul à donner de l’amour à AMD, bien qu’il soit frappant de constater que l’enthousiasme pour Ryzen AI 400 est insignifiant par rapport à Intel Core Ultra Series 3. HP se montre merveilleusement agnostique avec le renouvellement de son portefeuille EliteBook X. Le HP EliteBook X G2 est en effet disponible avec AMD Ryzen AI 400 et Intel Core Ultra Series 3, dans le même SKU. Mieux encore : ceux qui le souhaitent peuvent opter pour l’architecture ARM avec un processeur Qualcomm Snapdragon X2 sous le capot.

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Qualcomm profite également du CES pour lancer de nouvelles puces, bien que les modèles haut de gamme de Snapdragon X2 aient déjà vu le jour à la fin de l’année dernière. Qualcomm introduit cependant des variantes Plus plus abordables au salon.

Il est douteux que cela suffise à amener ARM sur un ordinateur portable Windows au grand public. Surtout dans le portefeuille professionnel, Qualcomm ne laisse pas sa marque cette année. Maintenant que la nouveauté est passée, l’accent semble rester sur x86.

ARM et AI

ARM ne devient pas pour autant hors de propos, mais c’est surtout grâce à Nvidia. Ainsi, Asus annonce l’ExpertCenter Pro. Cet ordinateur de bureau est équipé d’une puce Nvidia Grace Blackwell Ultra GB300. Le CPU Grace qui assiste le GPU Blackwell est un processeur basé sur ARM.

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Nvidia continue avec enthousiasme sur ce tandem avec l’introduction de Vera et Rubin. Le fait que le CES puisse également offrir la scène pour cela montre comment le salon a retrouvé sa pertinence après Covid et quelques éditions très axées sur l’automobile. Dans ce contexte, Lenovo ne peut pas non plus s’empêcher d’annoncer des serveurs ThinkSystem et ThinkEdge.

Nvidia Rubin succède à Blackwell en tant que dernier accélérateur d’IA du fabricant. Nvidia a développé avec Vera son propre CPU ARM qui succède à Grace, et utilise des cœurs auto-construits mais compatibles ARM. Dans le contexte de l’IA et du HPC, ARM réussit donc à devenir adulte.

A et I

Les lettres A et I promettent également de rester omniprésentes en 2026, même là où elles n’ont pas leur place. En cela, cette édition du CES ne diffère pas de la précédente. Presque tous les systèmes annoncés ont de l’IA dans leur nom quelque part, même si le rôle que joue l’IA locale sur les ordinateurs est minime dans la plupart des cas.

Une fois de plus, Dell semble être le premier à se rendre compte que le monde du PC s’est engagé sur une voie insensée. Le fabricant réduit considérablement le nombre de A et de I dans ses annonces et le nomme également. « Le client n’achète pas en fonction de l’IA », selon le chef de produit Kevin Terwilliger.

Espérons que les autres fabricants suivront rapidement : la gamme de matériel annoncée pour 2026 est prometteuse et cela n’a absolument rien à voir avec l’IA ou les NPU (à l’exception des systèmes basés sur Strix Halo ou GB300).

Attendre les prix

Nous terminons par une mise en garde : bien que les annonces au CES soient très concrètes cette année, les prix en euros pour les configurations minimales des appareils annoncés sont systématiquement absents. Ceux-ci pourraient bien gâcher la fête, étant donné les pénuries de mémoire DDR5 et les augmentations de prix qui en découlent. Il reste à voir combien les systèmes annoncés au CES demanderont à votre portefeuille.