Plus de la moitié des responsables informatiques d’Europe occidentale souhaitent devenir moins dépendants des fournisseurs de cloud mondiaux. La souveraineté influence de plus en plus le budget informatique.
Les tensions géopolitiques incitent 61 % des DSI et des responsables informatiques d’Europe occidentale à miser davantage sur des fournisseurs de cloud locaux ou régionaux. C’est ce qui ressort d’une enquête de Gartner auprès de 241 responsables informatiques d’Europe occidentale.
Les dépenses informatiques totales augmenteront de onze pour cent pour atteindre 1,4 billion d’euros en 2026. Outre les moteurs habituels que sont l’IA et la cybersécurité, la souveraineté détermine donc de plus en plus la manière dont le budget est dépensé.
Le besoin de souveraineté numérique se développe
Les organisations s’inquiètent de leur souveraineté numérique : la capacité de garder le contrôle de leurs données, de leur architecture informatique et de leurs applications, sans dépendre de parties étrangères. Gartner prévoit que d’ici 2030, plus de 75 % des entreprises situées en dehors des États-Unis auront une stratégie en matière de souveraineté numérique. Pour de nombreuses organisations, cela s’accompagnera d’une transition vers des modèles de « cloud souverain ».
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Lors d’un symposium à Barcelone, l’analyste de Gartner, Rene Buest, a déclaré que de nombreuses organisations en Europe occidentale ne veulent pas ou ne sont pas autorisées à héberger leurs systèmes centraux auprès de fournisseurs de cloud non européens. Les raisons invoquées sont notamment la réglementation, les exigences des clients ou le fait qu’elles appartiennent à l’infrastructure critique d’un pays. 53 % des personnes interrogées affirment que la géopolitique limitera leur utilisation future des fournisseurs de cloud mondiaux.
L’open source et la géopatriation comme alternatives
Certaines organisations envisagent de rapatrier leurs charges de travail des grands fournisseurs de cloud vers des acteurs locaux. Gartner appelle cela la « géopatriation ». Cela nécessite toutefois des efforts et des investissements à long terme de la part des fournisseurs locaux.
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En outre, 55 % des DSI et des responsables informatiques considèrent les technologies open source comme un élément important de leur future stratégie cloud. L’open source peut offrir flexibilité et personnalisation, mais il apporte également de la complexité. De nombreux projets open source sont fragmentés et nécessitent une coordination.
Selon Buest, les organisations qui ne sont pas encore très avancées dans la migration vers le cloud se trouvent paradoxalement dans une bonne position. Elles peuvent choisir de manière ciblée la solution cloud ou la plateforme qui convient le mieux à chaque élément de leur paysage informatique, alors que les organisations qui ont mis beaucoup d’œufs dans le même panier cloud ne peuvent pas migrer du jour au lendemain.
Buest conclut que les DSI et les responsables informatiques sont eux-mêmes responsables de l’autonomie numérique de leur organisation. Les fournisseurs de cloud ou les prestataires de services ne le feront pas à leur place.
