L’Europe ne choisit pas d’acteurs américains pour l’euro numérique, mais privilégie des fournisseurs de cloud locaux.
La Banque centrale européenne (BCE) fait un premier pas vers l’indépendance numérique en sélectionnant uniquement des fournisseurs de cloud européens pour le projet de l’euro numérique. Pour l’infrastructure, la BCE collabore avec OVHcloud et Scaleway, qui sont responsables d’une partie du backend de la future monnaie numérique.
Moins de dépendance vis-à-vis de l’Amérique
Ce choix n’est pas un hasard. L’Europe est aujourd’hui fortement dépendante des acteurs américains, tant pour les paiements que pour l’infrastructure cloud. Des entreprises comme Visa et Mastercard dominent le trafic des paiements, tandis qu’Amazon, Microsoft et Google contrôlent la majeure partie du marché du cloud. Cette dépendance comporte des risques, par exemple en raison de législations telles que le Cloud Act américain, qui peut imposer l’accès aux données, quel que soit leur lieu de stockage physique.
La souveraineté par l’appel d’offres
En n’autorisant que des fournisseurs européens, la BCE traduit la souveraineté numérique en choix politiques. Les fournisseurs de cloud soutiennent le système d’échange sécurisé d’informations de paiement au sein de l’écosystème de l’euro numérique. Selon les analystes, il s’agit d’une étape symbolique et stratégique importante, bien que l’impact reste pour l’instant limité compte tenu de la position dominante des hyperscalers américains. L’euro numérique lui-même n’est pas encore définitif. Si la réglementation européenne est approuvée en 2026, la monnaie pourrait être mise en circulation d’ici 2029.
