ERP sous pression : sept dirigeants d’entreprise sur dix souhaitent remplacer les systèmes classiques

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Les systèmes ERP constituent encore aujourd’hui un élément important des environnements informatiques, mais sept dirigeants d’entreprise sur dix estiment que les systèmes classiques ne joueront plus aucun rôle à terme.

De plus en plus de décideurs informatiques reconsidèrent leur stratégie concernant les systèmes ERP. C’est ce qui ressort d’une enquête à grande échelle menée par le prestataire de services informatiques Rimini Street auprès de plus de 4 200 cadres supérieurs dans le monde entier. Bien que les plateformes ERP existantes répondent encore largement aux besoins des organisations, la pression augmente pour réduire les coûts de maintenance et libérer de l’espace pour l’innovation.

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Coûts de maintenance élevés

Le système ERP reste aujourd’hui un élément fondamental : il existe un consensus quasi unanime à ce sujet dans le sondage (97 %). Mais les coûts élevés et la maintenance sont un point sensible souvent évoqué. En moyenne, 39 % du budget informatique est consacré aux systèmes ERP et les équipes informatiques consacrent un quart de leur temps à leur maintenance.

Cet argent et ce temps sont gaspillés au détriment de l’innovation stratégique. 36 % des cadres supérieurs considèrent ces coûts comme un obstacle direct. Le verrouillage des fournisseurs est également source de frustration : 35 % dénoncent le manque de flexibilité et les mises à niveau obligatoires imposées par les fournisseurs.

C’est pourquoi presque toutes les entreprises envisagent l’externalisation, notamment pour le support applicatif, l’infrastructure et la cybersécurité. En faisant appel à des spécialistes externes, elles espèrent libérer des ressources internes pour des projets stratégiques tels que l’intégration de l’IA ou la transformation axée sur les données. Pour 46 % des DSI et 43 % des PDG, l’automatisation est la priorité absolue.

ERP agentique

Les avis divergent sur l’avenir des systèmes ERP. 30 % pensent qu’avec des améliorations progressives, leur système actuel tiendra encore quelques années, tandis que 69 % souhaitent un changement radical. 36 % pensent que le modèle ERP traditionnel deviendra superflu, 33 % envisagent un système ERP « agentique » avec une intégration poussée de l’IA : les fournisseurs tels que SAP seront ravis de l’entendre.

À court terme, une politique ERP plus pragmatique est envisagée. Les personnes interrogées souhaitent avoir plus de contrôle sur leur informatique. En investissant moins dans les mises à niveau coûteuses des systèmes ERP et davantage dans les technologies complémentaires, les entreprises peuvent créer de la valeur plus rapidement. Parallèlement, l’importance du ROI en tant que critère pour les investissements informatiques augmente : à court terme, un rendement moyen de 27 % est attendu, avec une augmentation à 48 % à long terme (six ans et plus).

Les entreprises qui continuent d’utiliser l’ERP comme infrastructure de base, mais qui misent en même temps sur l’automatisation, l’analyse des données et l’intégration flexible, semblent les mieux préparées à la future transformation numérique. Le besoin d’agilité, de maîtrise des coûts et de réduction des risques incite les cadres supérieurs à reconsidérer la pensée ERP classique, conclut l’étude.