La France adopte Visio, une alternative Zoom fabriquée en interne

La France adopte Visio, une alternative Zoom fabriquée en interne

D’ici 2027, l’État français remplacera tous les outils de visioconférence externes par Visio. Il s’agit d’une alternative développée en interne et sécurisée à Zoom et Teams, entre autres. Cette mesure vise à renforcer la souveraineté numérique des services publics.

L’État français souhaite se débarrasser des plateformes vidéo telles que Teams, Zoom ou Webex. C’est pourquoi Visio, une solution développée par la direction interministérielle du numérique (DINUM), est déployée dans tous les services gouvernementaux. Les premières institutions à passer complètement à Visio sont, entre autres, le CNRS, le ministère de la Défense et l’Assurance Maladie. Cette transition aura lieu avant la fin du premier trimestre 2026.

Trop de diversité

Selon le ministre compétent, David Amiel, la diversité des solutions actuelles est problématique. Elle complique la collaboration entre les ministères, entraîne des coûts supplémentaires et augmente le risque de fuites de données.

Les Français ne pensent pas tant aux cybercriminels qu’à l’insécurité liée à l’utilisation d’une solution non européenne. Les outils de visioconférence les plus courants sont tous américains, ce qui implique un risque de fuites et de surveillance. Dans le contexte politique actuel, cela joue certainement un rôle.

Visio doit apporter uniformité et souveraineté. À terme, tous les fonctionnaires français devront travailler avec une solution uniforme et sécurisée pour les visioconférences. La transition doit être achevée d’ici 2027.

Entièrement français

Visio est basé sur la technologie française et est hébergé chez Outscale, une filiale de Dassault Systèmes qui dispose d’une certification SecNumCloud de l’agence française de cybersécurité ANSSI. La plateforme comprend également la transcription vocale basée sur la technologie d’IA de la start-up française Pyannote. Au cours de l’été 2026, le sous-titrage automatique y sera ajouté via le logiciel du laboratoire français d’IA Kyutai.

Le passage à Visio représente également un gain financier. Pour 100 000 utilisateurs qui passent des licences commerciales à Visio, l’État économise environ 1 million d’euros par an, selon ses propres estimations.

Actuellement, 40 000 fonctionnaires utilisent déjà Visio régulièrement. Le nombre d’utilisateurs actifs devrait passer à 200 000 dans les mois à venir.

Nous notons également que l’État français souhaite se débarrasser de Teams de Microsoft, mais le nom Visio ne le libère pas complètement de Microsoft. Visio est également le nom d’une solution de diagramme de flux de Redmond.