Itdaily - La fin du SF6 en Europe : quelles conséquences pour les centres de données ?

La fin du SF6 en Europe : quelles conséquences pour les centres de données ?

La fin du SF6 en Europe : quelles conséquences pour les centres de données ?

L’expansion continue des services numériques et l’essor rapide de l’intelligence artificielle entraînent une forte croissance du secteur des centres de données. Les prévisions indiquent une augmentation considérable de la capacité des centres de données en Europe au cours des prochaines années. Cette croissance se traduit directement par une forte hausse de la demande en électricité. Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), la consommation d’électricité des centres de données en Europe s’élevait à environ 100 TWh en 2022 et devrait atteindre près de 150 TWh en 2026.

En conséquence, outre de nouvelles capacités de production, il est nécessaire de mettre en place de nouvelles infrastructures électriques, notamment des postes de transformation et de distribution, afin d’alimenter ces nœuds numériques en électricité. Parallèlement, lors de l’extension de ces capacités, nous devons tenir compte de manière rigoureuse de l’impact environnemental et des réglementations européennes plus strictes.

L’interdiction des gaz fluorés par l’UE touche les infrastructures énergétiques

Cela est d’autant plus pertinent que le règlement européen sur les gaz fluorés est désormais entré en vigueur. Les nouveaux appareillages de commutation moyenne tension (MT) jusqu’à 24 kV doivent à présent être exempts d’hexafluorure de soufre (SF6) et d’autres gaz fluorés.

Le SF6 joue depuis des années un rôle important dans le secteur électrotechnique, car c’est un très bon isolant électrique et qu’il possède un fort pouvoir d’extinction d’arc. Cela est crucial pour interrompre de manière sûre et fiable l’alimentation électrique au niveau de la tension du réseau en cas de pannes.

Le SF6 est toutefois le gaz à effet de serre le plus puissant connu. Selon le sixième rapport d’évaluation (AR6) du GIEC, le SF6 a un potentiel de réchauffement global (PRG) de 24 300 sur une période de 100 ans. Un kilogramme de SF6 retient dans l’atmosphère, sur un siècle, autant de chaleur que 24 300 kilogrammes de CO₂. En raison de ce fort potentiel de réchauffement et des risques de fuite tout au long de son cycle de vie, la réglementation européenne interdit désormais les nouvelles installations moyenne tension à base de SF6 jusqu’à 24 kV dans les 27 États membres de l’UE. Vers 2030, d’autres interdictions sont attendues pour les niveaux de tension supérieurs, jusqu’à 52 kV.

La valeur stratégique des solutions sans SF6 pour les centres de données

Le passage à une technologie sans SF6 n’est pas seulement une obligation légale, mais offre également des opportunités de modernisation et d’efficacité opérationnelle. Pour les centres de données, le profil de durabilité est désormais un facteur crucial pour répondre aux exigences plus strictes des « locataires phares », ces grands locataires stratégiques (principaux) qui occupent une part importante de la capacité.

Les études de marché montrent de plus en plus souvent que la durabilité est un facteur de différenciation important dans le choix d’un fournisseur de services de centres de données. Ainsi, plus de 89 % des organisations considèrent l’efficacité et la durabilité de leurs centres de données comme très ou assez importantes, et 21,9 % indiquent que la durabilité écologique est désormais un moteur significatif des investissements informatiques. D’autres études montrent que le marché européen des centres de données verts était évalué à 20 milliards d’euros en 2024 et devrait atteindre 60 milliards d’euros en 2030, avec un taux de croissance annuel composé (TCAC) de 19,9 %.

Outre les avantages écologiques, cette transition offre des avantages financiers. Les coûts élevés de recyclage des installations en fin de vie liés au gaz SF6 peuvent atteindre 10 à 20 % de l’investissement initial. Ceux-ci disparaissent, ce qui se traduit par un coût total de possession (TCO) réduit, avec des économies potentielles de 20 à 30 % sur l’ensemble du cycle de vie de l’installation.

Des alternatives concrètes

L’industrie a désormais mis au point des alternatives abouties aux installations moyenne tension à base de SF6. Celles-ci utilisent, par exemple, de l’air pur comme milieu isolant, associé à la technologie du vide pour la commutation.

Les solutions modernes sont conçues pour offrir des performances et une fiabilité comparables à celles des installations traditionnelles, tout en conservant un encombrement réduit. L’accent est mis sur la continuité opérationnelle, afin que la transition ait un impact limité sur les processus existants et les routines de maintenance. De plus, les nouvelles conceptions favorisent la circularité, avec une durée de vie opérationnelle plus longue (passant par exemple de 30 à 40 ans) et des composants mieux adaptés à une commutation plus intensive — ce qui est pertinent dans un système énergétique caractérisé par une production plus variable issue du soleil et du vent.

Conclusion : se préparer à un avenir sans SF6

La suppression progressive des gaz F est une réalité irréversible pour les infrastructures énergétiques européennes. Pour les responsables de centres de données, il est essentiel de collaborer dès maintenant avec des partenaires qui maîtrisent à la fois les nouvelles technologies que les exigences opérationnelles spécifiques du secteur. Une interprétation en temps opportun du règlement sur les gaz F constitue la première étape vers un réseau énergétique pérenne et à faibles émissions.

Préparez votre centre de données pour un avenir sans SF6

Vous souhaitez en savoir plus sur l’impact du règlement sur les gaz fluorés et sur les mesures à prendre dès maintenant ? Regardez le webinaire : Are data centers ready for Europe’s 2026 F-gas Regulation?  

Pour plus d’informations sur les appareillages de commutation moyenne tension sans SF6, consultez le site web.


Cette contribution a été soumise par Lien Hespel, Vice President Power Systems BENE