La demande de compétences en IA devient progressivement la norme sur le marché du travail. Parallèlement, le besoin en langages de programmation traditionnels tels que Java et WordPress diminue.
Malt, une plateforme de freelances européenne originaire de France, examine de près le marché du travail indépendant dans son rapport annuel Tech Trends. Une tendance se démarque pour l’entreprise. Les connaissances et l’expérience en intelligence artificielle ne sont plus considérées par les employeurs comme une spécialisation, mais comme une compétence de base, tandis que les langages de programmation classiques sont moins prisés. Ce changement reflète une transformation fondamentale dans la manière dont les entreprises déploient la technologie et ce qu’elles attendent des travailleurs temporaires.
La transformation de l’IA, passant d’un outil de soutien à une force opérationnelle, apporte de nouveaux défis. Les organisations ne recherchent pas seulement des experts capables de construire des systèmes, mais aussi des professionnels pouvant gérer les implications financières et réglementaires de cette technologie. L’équilibre entre innovation et conformité devient de plus en plus crucial.
Les agents d’IA partent à la conquête du marché de l’emploi
La demande d’experts capables de concevoir et de mettre en œuvre des agents d’IA a été multipliée par soixante en à peine douze mois. Alors que l’IA était auparavant principalement utilisée pour l’aide à la décision, elle prend désormais en charge des tâches : automatisation, orchestration et optimisation des processus. Ce changement engendre une demande sans précédent pour des compétences qui vont au-delà du développement logiciel traditionnel.
Malt constate que même les fonctions non techniques exigent désormais des connaissances obligatoires en IA. Une offre d’emploi sur cinq mentionne explicitement que des connaissances de base en intelligence artificielle sont requises, même pour des rôles non techniques. Cela illustre comment l’IA devient une nouvelle « langue » au sein des organisations, indépendamment du département ou de la fonction.
Les employeurs européens ont donc pleinement rejoint le train de l’IA. Pourtant, nous entendons aussi des experts du secteur affirmer que la promesse d’agents totalement autonomes, telle que promise par les grands acteurs de l’IA, est encore à de nombreuses années de distance. Cela n’empêche pas les employeurs de rechercher dès à présent des compétences suffisantes et de bâtir une expérience.
Une offre d’emploi sur cinq mentionne explicitement que des connaissances de base en intelligence artificielle sont requises.
Rapport Malt Tech Trends 2026
Java et WordPress passés de mode
Le besoin de compétences en IA fait chuter fortement la demande d’expertise dans les langages de programmation classiques comme Java et WordPress, de vingt à trente pour cent selon le rapport de Malt. Les freelances déplacent leur attention vers de nouvelles technologies qui correspondent mieux à la demande actuelle du marché. Les solutions low-code et no-code gagnent rapidement en popularité, avec une multiplication par dix de l’utilisation d’outils tels que n8n.
Ce changement ne signifie pas que les compétences traditionnelles deviennent non pertinentes, mais plutôt que leur importance relative diminue. Les entreprises privilégient désormais la conception de systèmes intelligents et connectés plutôt que l’écriture manuelle de code. Des outils d’IA comme Claude Code sont déjà capables, dans une certaine mesure, de décharger les développeurs du travail de programmation manuel.
C’est surtout une mauvaise nouvelle pour les profils juniors, qui étaient auparavant sollicités pour ce type de travail. C’est ce qui ressort également d’une étude de l’Université de Stanford. Le nombre d’offres d’emploi pour les développeurs juniors a diminué de 20 pour cent depuis novembre 2022, soit depuis le lancement commercial de ChatGPT.
Les coûts et la réglementation orientent l’intégration de l’IA
L’essor de l’IA entraîne des coûts considérables. Les infrastructures pour les modèles avancés peuvent s’avérer dix à vingt fois plus coûteuses que les solutions traditionnelles. Cela explique la forte augmentation de 72 pour cent des projets FinOps, axés sur le contrôle des coûts et l’efficacité.
Parallèlement, la demande d’expertise en réglementation augmente de trois cent quatre-vingts pour cent. Avec la mise en œuvre de l’IA Act européen, les organisations recherchent massivement des professionnels capables d’aider à la mise en conformité avec cette nouvelle réglementation. Des solutions comme Azure OpenAI et Scaleway voient leur utilisation exploser de respectivement cinq cents et trente-cinq pour cent.
Recherche : leadership
L’intégration de l’IA nécessite de nouveaux types de dirigeants capables de relier les aspects technologiques, stratégiques et réglementaires. La demande pour des rôles temporaires ou intérimaires tels que CTO, CDO ou Chief AI Officer augmente de vingt-trois pour cent. Ces professionnels doivent aider les entreprises à mettre en œuvre l’intelligence artificielle de manière responsable et efficace.
Ce développement démontre que l’IA provoque non seulement une révolution technologique, mais aussi organisationnelle. Les entreprises recherchent des leaders capables de gérer la complexité de cette transformation et de la traduire en valeur commerciale mesurable.
