Itdaily - La grève chez Samsung pourrait aggraver la crise mondiale de la mémoire

La grève chez Samsung pourrait aggraver la crise mondiale de la mémoire

La grève chez Samsung pourrait aggraver la crise mondiale de la mémoire
Fabriek van Samsung in Pyeongtaek

Une grève imminente de 18 jours chez Samsung pourrait avoir de lourdes conséquences sur la pénurie mondiale de puces, déjà désastreuse.

La demande mondiale en IA génère non seulement des cours boursiers gigantesques et des centres de données proportionnels, mais aussi des problèmes croissants dans le secteur du matériel informatique. Une nouvelle crise menace désormais de s’y ajouter : une grève chez Samsung, l’un des plus grands producteurs de puces mémoire au monde.

Selon Reuters, les négociations entre Samsung et ses syndicats sont dans l’impasse. Si aucun accord n’est conclu d’ici le 21 mai, les employés prévoient de cesser le travail pendant dix-huit jours. Cela représenterait un coup dur pour la production mondiale de puces mémoire, d’autant plus que la demande est déjà bien supérieure à l’offre.

Primes versées insuffisantes

La grève porte principalement sur la répartition des profits colossaux que Samsung a engrangés ces dernières années grâce à l’explosion de la demande en IA. Les employés estiment qu’ils ne profitent pas assez des résultats records de l’entreprise. Plus de 70 % des employés sud-coréens de Samsung sont syndiqués. Au total, jusqu’à 50 000 travailleurs pourraient participer à la grève. Le préjudice économique pour Samsung est estimé à environ mille milliards de wons (650 millions d’euros) par jour.

La comparaison avec le concurrent SK Hynix est inévitable. Après une année 2025 rentable, cette entreprise a versé des bonus gigantesques à son personnel. Certains employés ont reçu des montants s’élevant à des milliers de pourcents de leur salaire mensuel. Pour l’instant, Samsung s’en est tenu à une prime unique de 50 % maximum du salaire de base. Cela suscite de la frustration chez les syndicats, d’autant plus que Samsung a enregistré un bénéfice de plus de 20 billions de wons (12,5 milliards d’euros) l’année dernière.

Les puces mémoire font grimper les recettes

Les puces mémoire sont un composant essentiel de toute l’électronique moderne. La mémoire RAM et le stockage SSD sont utilisés dans les ordinateurs portables, les ordinateurs de bureau, les smartphones, les serveurs, les consoles de jeux et même les voitures. Mais c’est surtout l’essor de l’IA qui a totalement transformé le marché. De grandes entreprises technologiques telles que Microsoft, Google, Meta et OpenAI investissent des centaines de milliards dans des centres de données dédiés à l’IA.

Ces systèmes nécessitent d’énormes quantités de mémoire spécialisée, comme la mémoire à large bande passante (HBM). Samsung et SK Hynix figurent parmi les leaders mondiaux de cette technologie. Par conséquent, une grande partie de la capacité de production se déplace vers le matériel d’IA, tandis que les produits de consommation courante peinent de plus en plus à obtenir suffisamment de puces.

Les prix de la RAM et des SSD atteignent des sommets sans précédent

Les conséquences sont désormais clairement perceptibles pour les consommateurs. Depuis fin 2025, les prix de la mémoire RAM et du stockage SSD ont, dans certains cas, triplé, voire quadruplé. Quiconque achète aujourd’hui un nouvel ordinateur ou portable paie donc beaucoup plus cher qu’il y a un an. Les smartphones et autres appareils électroniques deviennent également plus coûteux, car les fabricants doivent répercuter la hausse des prix des composants.

Une grève prolongée chez Samsung pourrait encore accentuer ces prix exorbitants. Bien que les stocks existants puissent être utilisés dans un premier temps, de nouvelles pénuries menacent quelques semaines plus tard lorsque les commandes de production prendront du retard ou ne seront pas livrées. Les petits fabricants de matériel sont particulièrement exposés. Les grands acteurs sont généralement prioritaires pour les livraisons, mais les plus petites marques se retrouvent alors confrontées à de graves pénuries.

La Corée du Sud redoute l’impact économique

Le gouvernement sud-coréen suit de près la situation. Les puces sont devenues l’un des produits d’exportation les plus importants du pays. Rien qu’en décembre 2025, les exportations de semi-conducteurs ont augmenté d’environ 40 % par rapport à l’année précédente. Le Premier ministre Kim Min-seok a donc convoqué une réunion d’urgence avec des ministres et des conseillers économiques. Le gouvernement ne souhaite pas intervenir pour le moment, mais l’histoire montre que les conflits sociaux en Corée du Sud peuvent parfois s’envenimer rapidement.

Corée du Sud

Si Samsung et les syndicats ne parviennent pas à un accord, le marché mondial des puces risque de traverser à nouveau une période sombre. Pour les consommateurs, cela pourrait se traduire par des prix plus élevés, des délais d’attente plus longs et une plus grande difficulté à se procurer du matériel. Le secteur technologique est une fois de plus rappelé à sa dépendance vis-à-vis de quelques fabricants de puces, et le boom de l’IA exerce une pression croissante sur un marché et une source d’énergie qui atteignent déjà leurs limites.