Itdaily - L’UE souhaite déplacer les câbles internet pour réduire sa dépendance vis-à-vis du Moyen-Orient

L’UE souhaite déplacer les câbles internet pour réduire sa dépendance vis-à-vis du Moyen-Orient

souveraineté de l'europe

L’Europe souhaite poser des câbles internet sous-marins via l’Arctique pour éviter les goulots d’étranglement géopolitiques présentant des risques.

L’Union européenne étudie un projet visant à relier directement l’Europe à l’Asie par de nouveaux câbles internet sous-marins passant par la région arctique. Ce faisant, l’UE souhaite réduire sa dépendance à l’égard des routes existantes traversant des régions géopolitiquement instables telles que la mer Rouge et le détroit d’Ormuz.

Selon les plans, deux nouveaux tracés de câbles pourraient être étudiés. Un itinéraire passerait par le passage du Nord-Ouest canadien, tandis qu’un second projet partirait directement de Scandinavie à travers la région arctique.

Problèmes en mer Rouge

Environ 90 % du trafic internet entre l’Europe et l’Asie passe actuellement par des câbles traversant le Moyen-Orient. La mer Rouge constitue à cet égard un point de passage particulièrement critique.

En 2024, un navire touché par un missile houthi a endommagé trois câbles sous-marins majeurs après avoir traîné son ancre sur le fond marin. Les réparations ont duré des mois car les navires câbliers devaient d’abord obtenir des garanties de sécurité avant de pouvoir naviguer dans la zone.

Un an plus tard, quatre câbles ont de nouveau été endommagés après qu’un navire commercial a encore une fois traîné son ancre sur le fond marin. Là aussi, des négociations tardives ont entraîné d’importants retards dans les réparations.

Les défis techniques restent immenses

La route de l’Arctique comporte toutefois de lourds défis techniques et économiques. La glace de mer et les icebergs peuvent endommager les câbles en raclant le fond marin. Pourtant, l’Europe semble prête à accepter ces défis. Les câbles sous-marins sont devenus des infrastructures critiques pour les plateformes cloud, les services d’IA et les communications internationales. L’UE vise une connexion opérationnelle d’ici 2030, mais ce calendrier n’est pas encore définitif en raison des conditions extrêmes dans la région arctique.