Isabel développe TILDA, une plateforme sécurisée permettant aux institutions financières et autres parties concernées de partager des signaux de fraude et de mener des enquêtes conjointes. L’infrastructure doit aider le secteur à identifier la fraude plus rapidement et à se préparer aux nouvelles règles européennes.
La fintech Isabel dévoile TILDA. À la demande du ministre de la Protection des consommateurs Rob Beenders (Vooruit), Febelfin a élaboré un plan d’action contre la fraude. Le développement de technologies et d’infrastructures communes y occupe une place centrale. TILDA en constitue une mise en œuvre concrète et doit offrir une infrastructure partagée pour l’échange d’informations entre le secteur financier et des partenaires de confiance.
Aborder la fraude de manière intersectorielle
La fraude ne s’arrête pas à une seule organisation. La banque de la victime voit le paiement, tandis qu’une autre institution gère le compte du bénéficiaire. Les opérateurs télécoms, les plateformes numériques ou les services publics peuvent quant à eux disposer de signaux concernant un appel téléphonique, une publicité mensongère, un échange de carte SIM ou du spoofing téléphonique.
Séparément, ces données semblent parfois anodines. Ensemble, elles peuvent démontrer qu’un paiement fait partie d’une affaire de fraude plus vaste. TILDA offre un environnement sécurisé et standardisé dans lequel les institutions peuvent échanger des informations et mener des enquêtes conjointes. Les banques ont désormais tout intérêt à détecter la fraude le plus rapidement possible. Une législation européenne récente tient les banques pour responsables du remboursement des paiements frauduleux aux clients.
Mules financières
La plateforme utilise une taxonomie de la fraude standardisée et un cadre commun pour le modus operandi. Ainsi, les institutions peuvent enregistrer le phishing, la fraude à l’impersonnalisation et la fraude à l’investissement de la même manière et identifier plus rapidement les dossiers liés.
Une première application se concentre sur les « comptes de mules financières ». Lorsqu’une banque constate un paiement suspect, elle peut demander à l’institution du bénéficiaire d’examiner le compte. Une confirmation peut alerter d’autres participants, afin qu’ils vérifient les transactions et comptes associés.
Préparation aux règles européennes
TILDA doit également aider le secteur financier à se préparer à la future législation européenne. Le Parlement européen et le Conseil sont parvenus à un accord provisoire sur le Payment Services Regulation (PSR). Ce règlement prévoit notamment une prévention renforcée de la fraude et le partage d’informations relatives à la fraude entre les prestataires de services de paiement.
Isabel assume le rôle de constructeur de plateforme et de connecteur neutre. Les premières institutions financières testent actuellement TILDA. Un premier pilote dans un environnement de production est prévu pour fin 2026, tandis qu’Isabel souhaite également impliquer les opérateurs télécoms, les fournisseurs de logiciels et le Centre pour la Cybersécurité Belgique.
Avec TILDA, le secteur veut non seulement identifier la fraude plus rapidement, mais aussi fournir des informations pour la détection et les poursuites. La phase de test doit déterminer comment les institutions et autres parties peuvent partager des signaux sensibles de manière contrôlée et juridiquement fondée.
