Le premier processeur tant attendu de Nvidia est enfin là. Avec l’RTX Spark, Nvidia apporte des performances de l’ordre du pétaflop sur Windows. Cette puce va-t-elle bouleverser le marché du PC ?
Nvidia ouvre les débats au salon Computex avec style. Lors de sa présentation, Jensen Huang a sorti l’RTX Spark de son chapeau : une toute nouvelle puce avec laquelle Nvidia vise le marché des processeurs. Nvidia ne mâche pas ses mots et qualifie l’RTX Spark de « plus grande innovation pour le PC depuis quarante ans ».
Sur le papier, la puce semble déjà impressionnante. La puce RTX Spark associe un processeur Grace (20 cœurs) à un GPU Blackwell (6 144 cœurs), avec jusqu’à 128 Go de mémoire (LPDDR5x) et un TDP compris entre 45 et 80 watts. Avec de telles spécifications, le processeur est équipé pour offrir jusqu’à 1 pétaflop de puissance de traitement IA locale, écrit Nvidia dans son annonce.
Sur mesure pour les agents d’IA
En plus des joueurs et des professionnels de la création, dans une moindre mesure, Nvidia souhaite surtout mettre l’accent sur l’IA avec l’RTX Spark, comme elle le fait avec succès depuis des années avec ses processeurs graphiques. Un ordinateur portable équipé d’une RTX Spark devrait être capable de faire tourner localement des LLM allant jusqu’à 120 milliards de paramètres — soit précisément le nombre de paramètres du propre modèle Nemotron 3 de Nvidia — et une fenêtre de contexte d’un million de tokens.
Les professionnels du graphisme peuvent traiter des vidéos 12K et des rendus 3D allant jusqu’à 90 Go. De telles applications gourmandes videraient normalement votre batterie en un rien de temps, mais Nvidia affirme que l’RTX Spark est très économe en énergie. Un atout supplémentaire est sa compatibilité avec l’écosystème CUDA.
En collaboration avec Microsoft
Ces promesses en matière d’IA sont une aubaine pour Microsoft. L’RTX Spark serait le fruit d’années de collaboration intensive entre Microsoft et Nvidia pour optimiser les performances d’IA sous Windows. Microsoft espère que ce processeur est la pièce manquante du puzzle pour enfin démocratiser le « PC IA ». Pour les applications graphiques, Nvidia a collaboré avec Adobe.
Pour donner l’exemple, Microsoft annonce un nouvel ordinateur portable Surface équipé d’un processeur RTX Spark et d’un écran de 15 pouces. Le terme « Ultra » dans son nom vise à démontrer qu’il s’agit de la « Surface la plus puissante à ce jour ». Nous invitons volontiers Microsoft à prouver ces affirmations sur notre banc d’essai. D’autres grands fabricants de PC tels que HP, Lenovo, Dell, Asus et MSI suivront très probablement rapidement avec de nouveaux appareils.
Un concurrent redoutable pour Intel et AMD
L’RTX Spark n’est que le coup d’envoi : Nvidia souhaite lancer une nouvelle génération sur le marché tous les deux ans. En 2028 suivra la deuxième génération basée sur Vera Rubin, conformément au rythme de renouvellement de l’architecture des puces de Nvidia. Parallèlement à la RGX Spark, elle lance également la DGX Station précédemment annoncée.

Il s’agit en fait d’un centre de données au format bureau : la DGX Station contient une puce Blackwell GB300 Ultra avec 72 cœurs CPU, 20 000 cœurs GPU et 748 Go de mémoire, pour une puissance de calcul IA de 20 pétaflops. Le processeur est assez puissant pour faire tourner des LLM allant jusqu’à un billion de paramètres. La DGX Station sera disponible à partir du quatrième trimestre.
Maintenant que Nvidia s’attaque de front au marché des processeurs, Intel et AMD se voient confrontés à un concurrent de taille. L’écosystème ARM gagne quant à lui un ambassadeur de poids. Non pas que les jours du x86 soient soudainement comptés, mais plus personne ne peut douter aujourd’hui qu’Arm constitue une alternative de plein droit sous Windows.
