La pénurie de puces mémoire compromet le lancement de l’iPhone 18. Apple sollicite donc un fabricant chinois.
Les pénuries de puces mémoire commencent à peser lourdement sur Apple. Après avoir rapporté précédemment que l’entreprise dispose d’un stock insuffisant de MacBook Air pour assurer les livraisons avant la rentrée scolaire, c’est désormais le lancement de l’iPhone 18 qui semble être sous pression.
1 milliard de dollars de puces
Apple dispose de presque tous les composants nécessaires à l’assemblage des nouveaux téléphones, y compris les processeurs avancés issus des lignes de production les plus modernes de TSMC. Entre-temps, des tranches de silicium (wafers) d’une valeur de près d’un milliard de dollars, contenant les processeurs, seraient prêtes chez TSMC.
Cependant, pour être prêtes à l’emploi dans les iPhone, elles doivent être encapsulées avec de la DRAM, laquelle n’est actuellement pas disponible en quantités suffisantes. TSMC est le plus grand fabricant mondial de processeurs, y compris d’accélérateurs tels que les GPU, mais pas de mémoire. Pour cela, Apple dépend, comme le reste du monde, de SK Hynix, Samsung et Micron.
Mémoire chinoise
Apple recherche donc activement des sources alternatives de mémoire. Cette quête a mené l’entreprise jusqu’en Chine. En effet, lorsque le marché de la mémoire est évoqué, les fabricants chinois sont généralement laissés de côté. Pourtant, la Chine possède sa propre capacité de production, notamment chez CXMT.
ChangXin Memory Technologies est une entreprise relativement jeune, spécialisée dans la DRAM depuis 2016. Initialement, la production se limitait à l’ancienne mémoire DDR4, mais depuis 2025, CXMT produit également de la RAM DDR5. La LPDDR5 et la LPDDR5X font également partie de son portefeuille. Entre-temps, CXMT est devenu le plus grand fabricant de RAM après les trois acteurs susmentionnés.
Une solution pour les appareils non américains
Apple serait actuellement en discussion avec CXMT pour tester de la mémoire destinée à l’iPhone. CXMT pourrait également offrir une solution pour la production de MacBooks. C’est ce que rapporte le Wall Street Journal. La mémoire serait alors principalement destinée aux appareils Apple vendus en Chine.

Une collaboration entre CXMT et un fabricant américain ne serait pas une nouveauté. HP aurait également déjà sollicité l’entreprise pour de la mémoire, exclusivement destinée à des appareils non américains. Il en va de même pour le Taïwanais Acer.
Si la collaboration se concrétise, Apple devra encore relever des défis de taille pour constituer les stocks nécessaires d’ici le lancement prévu en septembre. Les partenaires, dont Foxconn, doivent attendre les boîtiers de puces finis de TSMC, incluant la DRAM, avant de pouvoir procéder à l’assemblage.
Un enjeu politique
L’accord, qui n’est pas encore conclu pour être tout à fait clair, serait politiquement sensible. Le gouvernement américain considère en effet CXMT comme une entreprise liée au complexe militaro-industriel chinois. Les entreprises publiques ne sont pas autorisées à faire affaire avec elle. Si Apple devait s’associer à CXMT pour diversifier sa chaîne d’approvisionnement et pallier les pénuries, on peut parier que l’administration Trump exprimera certains grognements.
C’est pourtant le gouvernement américain lui-même qui est en partie à l’origine des problèmes auxquels Apple est confronté. Aux États-Unis, le développement de centres de données IA est fortement soutenu. La prolifération de ces centres de données, et des puces IA associées qui doivent y être hébergées, est directement responsable des pénuries de mémoire à l’échelle mondiale.
Les puces IA et les serveurs nécessitent de grandes quantités de mémoire HBM. Les fabricants de telles puces accaparent une grande partie de la capacité de production de Samsung, SK Hynix et Micron. Tout équilibre sur le marché a disparu, ce qui pénalise principalement les fabricants traditionnels de PC et de smartphones.
Une stabilisation prudente
Dans le monde des serveurs (classiques), une forme d’amélioration est désormais en vue. Les prix s’y stabilisent, bien qu’à un niveau élevé. Cela s’explique par les accords à long terme conclus entre les constructeurs de matériel et les fabricants de mémoire. Ils ont souscrit pour les années à venir à un stock minimum à un prix (élevé) garanti, ce qui a instauré une certaine sécurité. Il semble qu’Apple n’ait pas réussi, du moins pour les mois à venir, à conclure un tel accord, ou du moins pas pour une quantité suffisante de puces.
