Itdaily - Wi-Fi 6, Wi-Fi 7 et maintenant Wi-Fi 8 : que signifient ces normes pour vous ?

Wi-Fi 6, Wi-Fi 7 et maintenant Wi-Fi 8 : que signifient ces normes pour vous ?

Wi-Fi 6, Wi-Fi 7 et maintenant Wi-Fi 8 : que signifient ces normes pour vous ?

La Wi-Fi Alliance a simplifié la dénomination des différents types de Wi-Fi, mais cela n’a pas pour autant rendu les choses plus claires. Désormais, il est préférable de savoir ce que signifie le Wi-Fi 6 et quelle est la différence avec le Wi-Fi 6E. Et quelle est l’importance du Wi-Fi 7, alors que les équipements Wi-Fi 8 sont déjà en cours de développement ? Nous faisons le point pour vous.

En 1997, l’Institute of Electrical and Electronics Engineers (IEEE) a établi la première norme de communication internet sans fil. Le protocole 802.11 était né. Le 802.11 était le précurseur de la première norme Wi-Fi réellement adoptée commercialement : le 802.11b. Depuis son introduction en 1999, une dizaine de nouvelles normes de protocole ont vu le jour, toutes portant le nom 802.11, suivi d’une ou deux lettres. Chaque norme a apporté des améliorations et reste, à ce jour, rétrocompatible avec ses prédécesseurs.

La Wi-Fi Alliance, qui régit aujourd’hui les normes Wi-Fi, a décidé en 2019 que cette nomenclature à l’aspect complexe était déroutante. C’est pourquoi l’Alliance a introduit une alternative, censée être plus compréhensible pour le consommateur. Résultat : ceux qui s’y connaissent un peu dans le monde du sans-fil se retrouvent soudainement perdus parmi les nouveaux termes marketing. Désormais, il existe six (ou sept) normes : du Wi-Fi 1 au Wi-Fi 8. Le Wi-Fi 6 a bénéficié d’une variante début 2020 : le Wi-Fi 6E. Ces normes englobent certains protocoles Wi-Fi existants, mais pas tous. Pour être exhaustive, la Wi-Fi Alliance est remontée jusqu’à 1999 pour ce rebranding. Nous passons tout cela en revue.

Wi-Fi 1

Le Wi-Fi 1 est le nouveau nom du 802.11b de 1999. Cette norme fonctionne exclusivement sur la fréquence 2,4 GHz et possède un débit théorique maximal allant jusqu’à 11 mégabits par seconde. Comme mentionné, ce n’est pas la toute première norme Wi-Fi, mais c’est le tout premier protocole commercialisé avec succès.

Wi-Fi 2

Le 802.11a a également vu le jour en 1999. Cette norme s’appelle désormais Wi-Fi 2. Le 802.11a a été le premier à fonctionner sur la fréquence 5 GHz, avec des débits allant jusqu’à 54 Mbit par seconde. Le Wi-Fi 1 et le Wi-Fi 2 coexistent. La bande des 5 GHz donne l’avantage au 802.11a en termes de vitesse, tandis que la fréquence plus basse du 802.11b assure une meilleure portée.

Wi-Fi 3

Le 802.11g est apparu en 2003. Pour beaucoup, cette norme a représenté leur premier contact avec l’internet sans fil à domicile. Le protocole subsiste sous l’appellation Wi-Fi 3. Le Wi-Fi 3 s’appuie à nouveau sur la bande 2,4 GHz, avec un débit maximal de 54 Mbit par seconde.

Wi-Fi 4

En 2009, le 802.11n est entré en scène. Vous trouverez sans doute encore de tels routeurs dans de nombreux endroits. Aujourd’hui, vous pouvez cependant parler de Wi-Fi 4. Le 802.11n peut exister sur 2,4 GHz et 5 GHz, et affiche un débit maximal de 600 Mbit par seconde. Le Wi-Fi 4 est la première norme à prendre en charge le MIMO (multiple-in-multiple-out), répondant ainsi au nombre croissant d’appareils souhaitant se connecter sans fil à un routeur.

Wi-Fi 5

Le Wi-Fi 5 a été introduit fin 2013. Le 802.11ac fonctionne officiellement uniquement sur la bande 5 GHz et est combiné, dans les routeurs, au protocole 802.11n sur la bande 2,4 GHz. Les routeurs compatibles avec cette norme la plus récente se trouveront désormais en rayon avec le label Wi-Fi 5. Le Wi-Fi 5 se caractérise par des capacités MIMO plus avancées et d’autres technologies utiles comme le beamforming. Les appareils connectés via le protocole ac peuvent bénéficier d’un débit maximal allant jusqu’à 3,5 Gbit par seconde.

Wi-Fi 6

Le premier routeur Wi-Fi 6 a été lancé fin 2018, mais la norme n’a été officiellement finalisée qu’en septembre 2020. Les routeurs compatibles sont de plus en plus nombreux et les terminaux modernes prennent également de plus en plus en charge cette norme. Pensez aux ordinateurs portables équipés de la dernière génération de puces Intel ou aux téléphones phares. Derrière le terme marketing se cache le protocole 802.11ax. Celui-ci se concentre sur les fréquences 2,4 GHz et 5 GHz. Le débit maximal s’élève à 10 Gbit/s et les capacités MIMO augmentent à nouveau.

Wi-Fi 6E

Début 2020, la Wi-Fi Alliance a décidé de complexifier la nomenclature, pourtant assez simple, avec l’introduction du Wi-Fi 6E. Le Wi-Fi 6E est par essence identique au Wi-Fi 6, et donc au 802.11ax. Le « E » implique qu’un appareil portant ce label peut gérer le Wi-Fi 6 sur la fréquence 6 GHz. Cette fréquence supplémentaire s’ajoute au 2,4 GHz et au 5 GHz, et apporte des canaux additionnels.

La bande de fréquence supplémentaire présente l’avantage d’être peu peuplée, de subir peu d’interférences et d’offrir une capacité de débit élevée. L’inconvénient est que des technologies telles que le beamforming sont nécessaires pour contrer l’absorption plus importante de la haute fréquence. L’Europe a entre-temps libéré 500 MHz de spectre autour de la bande 6 GHz que les routeurs peuvent utiliser. La Belgique et les Pays-Bas ont désormais suivi les directives européennes, de sorte que les appareils compatibles trouvent également leur place dans nos rayons.

La Wi-Fi Alliance souhaite doter les normes de leur propre logo et faire apparaître ce logo dans l’interface de votre smartphone ou de votre PC. Ainsi, vous pourrez voir d’un coup d’œil, grâce à un petit chiffre, à quel type de réseau vous êtes connecté. On ignore encore si le Wi-Fi 6E aura son propre logo.

Wi-Fi 6, 5, 4
La Wi-Fi Alliance souhaite doter les nouveaux noms de logos clairs.

Wi-Fi 7

Afin de maintenir la cohérence de la nomenclature, celle-ci reçoit le nom simple de Wi-Fi 7 (soit IEEE 802.11be). La Wi-Fi Alliance a mentionné pour la première fois la norme à venir en 2020.

Le mot-clé qui définit le Wi-Fi 7 est la vitesse : la norme la plus récente promet des débits de transfert de données allant jusqu’à 46 Gbps. C’est plus de quatre fois la vitesse de pointe du Wi-Fi 6 et du Wi-Fi 6E, limitée à 9,6 Gbps. Important à garder à l’esprit : il s’agit de vitesses théoriques qui ne s’appliquent que dans des conditions optimales. La norme utilise les mêmes bandes de fréquences que ses prédécesseurs : 2,4 GHz, 5 GHz et 6 GHz. C’est surtout cette dernière bande qui joue un rôle important car la bande passante disponible y est plus grande, ce qui réduit les interférences entre les appareils.

La plus grande innovation du Wi-Fi 7 réside dans la vitesse et l’efficacité, avec un débit maximal d’environ 47 Gbps, en théorie.

La plus grande innovation du Wi-Fi 7 réside dans la vitesse et l’efficacité, avec un débit maximal d’environ 47 Gbps, en théorie. Cela est rendu possible par diverses améliorations technologiques. La largeur de canal est notamment portée à 320 MHz, ce qui permet d’envoyer plus de données simultanément. De plus, le Wi-Fi 7 utilise le Multi-Link Operation (MLO). Cela permet à un appareil de se connecter simultanément via plusieurs bandes de fréquences ou canaux. Au lieu d’utiliser une seule bande, les données peuvent donc être envoyées simultanément via les bandes 5 GHz et 6 GHz, par exemple. Cela augmente non seulement la vitesse, mais aussi la stabilité de la connexion.

Le Wi-Fi 7 est principalement destiné à connecter de nombreux appareils simultanément devant traiter de grandes quantités de données. Pensez aux maisons intelligentes, aux bureaux équipés de divers appareils, aux vidéos en haute résolution et aux applications XR. Les premiers routeurs, puces et autres appareils compatibles Wi-Fi 7 sont déjà sur le marché, bien qu’il faille encore quelques années avant que la technologie ne soit pleinement généralisée partout.

Le Wi-Fi 8 dans les starting-blocks

Le Wi-Fi 7 n’est donc pas encore généralisé, mais les entreprises et les fabricants de puces parlent déjà de la prochaine étape majeure des réseaux sans fil. La nouvelle norme, officiellement 802.11bn, succède au Wi-Fi 7 (802.11be) et doit avant tout assurer des connexions plus stables et une latence plus faible, plutôt que de simples vitesses de pointe plus élevées. Selon le calendrier, la norme devrait être approuvée à partir de septembre 2028, mais des entreprises comme Qualcomm travaillent déjà sur des puces prenant en charge le Wi-Fi 8.

Avec le Wi-Fi 8, la Wi-Fi Alliance vise un débit théorique maximal d’environ 46 Gbps. C’est donc le même que pour le Wi-Fi 7. Tout comme les générations récentes, le Wi-Fi 8 fonctionne sur les bandes 2,4 GHz, 5 GHz et 6 GHz. En Europe, la bande 6 GHz n’est pas totalement libérée. L’Europe n’a pas encore décidé si ce sont les acteurs du Wi-Fi ou les fournisseurs mobiles qui pourront revendiquer cette bande.

Des techniques telles que le MIMO assurent également une vitesse plus élevée avec cette norme, et la fiabilité s’améliore lorsque de nombreux appareils se trouvent sur le même réseau. Les fabricants mettent de plus en plus l’accent sur des lieux tels que les habitations, les bureaux et les usines comptant des dizaines ou des centaines de connexions identiques. Le beamforming joue également un rôle ici. Dans ce cas, un routeur dirige le signal radio vers un appareil au lieu de l’émettre dans toutes les directions. Cela augmente la stabilité du signal et peut améliorer la vitesse.

La norme est conçue en mettant l’accent sur la stabilité nécessaire aux applications XR, à l’automatisation industrielle et à la collaboration en temps réel. Au lieu de simplement augmenter la vitesse maximale, le Wi-Fi 8 doit garantir que les connexions restent plus stables sous une lourde charge réseau.

Les premiers équipements commerciaux ne sont attendus que vers la fin de cette décennie.

Attention

Avec cette nouvelle dénomination, la Wi-Fi Alliance est loin de couvrir toutes les normes. Seuls les protocoles commerciaux largement disponibles sont concernés. Ainsi, il n’est pas fait mention de normes intermédiaires, comme le 802.11ad. Celles-ci ne sont pas destinées à la couverture d’un bureau ou d’une maison, mais servent de norme pour, par exemple, les stations d’accueil sans fil. Comme ces appareils ne sont techniquement pas des routeurs, ils restent distincts des dénominations Wi-Fi 1 à 6.

Les nouveaux noms passent également sous silence d’autres détails techniques, tels que le band steering, le dual ou quadband, ou d’autres astuces techniques permettant d’atteindre des débits supérieurs aux maxima théoriques officiellement fixés par le protocole. Il est donc judicieux de ne pas effacer vos connaissances sur les protocoles. Quiconque souhaite réellement faire un choix éclairé a besoin de plus que des termes marketing de la Wi-Fi Alliance.

Cet article fait partie de notre série « L’informatique expliquée », dans laquelle nous expliquons de manière compréhensible les concepts et technologies clés derrière les produits et innovations d’aujourd’hui. Nous mettons périodiquement cet article à jour en fonction des derniers développements. Dernière mise à jour : 14 avril 2025 par Joachim Cruysberghs.