Itdaily - Chef en cuisine : « celui qui prépare une application en vibe coding en est le seul responsable »

Chef en cuisine : « celui qui prépare une application en vibe coding en est le seul responsable »

Chef en cuisine : « celui qui prépare une application en vibe coding en est le seul responsable »

Le vibe coding est de plus en plus utilisé pour accélérer et automatiser les processus d’entreprise. Liantis y voit principalement un gain de productivité personnelle, à condition que les collaborateurs apprennent à penser en systèmes.

Le prestataire de services RH Liantis travaille quotidiennement avec divers processus, allant du traitement de documents et de l’enregistrement du temps à la signature de formulaires. De tels processus se prêtent à l’automatisation. John Helsmoortel, Chief Technology Officer chez Liantis, brosse un tableau de la manière dont le vibe coding est utilisé au sein de l’entreprise et de l’endroit où se cachent les opportunités et les pièges. Il voit le vibe coding principalement comme un outil pour développer de petites applications capables de reprendre des tâches administratives, mais « pas pour imiter de grandes applications comme Outlook ou Office ».

Vibe coding

Selon M. Helsmoortel, le vibe coding permet à des non-programmeurs de créer tout de même des applications. « Il ne s’agit pas ici d’applications telles qu’un portail client comptant plus de cent mille utilisateurs », précise-t-il. « Au sein de notre entreprise, nous considérons le vibe coding principalement comme un outil destiné à améliorer la productivité personnelle et celle des équipes. »

Il nous montre un exemple de son propre outil de feuille de temps créé grâce au vibe coding. « C’est une tâche mensuelle fastidieuse que j’ai simplement automatisée via le vibe coding afin de générer plus de gain de productivité personnelle et d’éliminer les petites irritations », explique-t-il.

Deux niveaux

Il distingue deux niveaux de vibe coding. « La plupart des gens commencent par demander à ChatGPT d’écrire un morceau de code pour une application donnée. Ensuite, ils collent ce code dans leur PC et testent l’application. En cas de message d’erreur, le code retourne à l’IA. On en ressort un peu plus instruit, mais pas plus efficace : l’utilisateur lui-même est le goulot d’étranglement. »

Une étape plus loin se trouve ce que M. Helsmoortel appelle le « mode yolo ». « Dans ce cas, vous décrivez votre problème de manière très détaillée à une application d’IA telle que Claude, vous lui demandez de l’examiner sous différents angles via des agents et vous lui laissez établir un plan de mise en œuvre unique. Ensuite, vous alimentez un modèle avec ce plan, avec pour instruction : ne me dérangez que si c’est nécessaire. »

« En rédigeant les bons prompts, vous composez pour ainsi dire votre propre équipe. Cette équipe est constituée de différents agents qui assument chacun un rôle spécifique : un agent technique, mais tout aussi bien un agent marketing. Supposons que vous vouliez construire une boutique en ligne pour une parfumerie, vous faites alors collaborer différents agents sur cette tâche, chacun selon son propre point de vue, jusqu’à ce qu’une liste concrète de travaux en ressorte pour se mettre à l’ouvrage. »

Chef en cuisine

Au sein de l’équipe informatique, Liantis partage des applications développées en interne via des chats de groupe internes. « Il s’agit par exemple d’outils qui regroupent des données provenant de différents systèmes, de sorte que les collaborateurs n’aient plus à chercher à cinq endroits différents mais trouvent tout au même endroit. »

Ces applications ne sont pas encore proposées aux plus de deux mille autres collaborateurs pour le moment. La raison en est que Liantis effectue un travail très précis : si un indépendant souhaite adapter sa cotisation sociale, la gouvernance qui l’entoure doit être infaillible.

Liantis souhaite ouvrir le vibe coding en dehors de l’équipe informatique, mais sous des conditions strictes : « Pas d’applications clients, pas d’accès externe et le développeur reste lui-même responsable de ce qu’il lance. »

Quiconque lance une application en est le seul responsable.

John Helsmoortel, Chief Technology Officer chez Liantis

M. Helsmoortel résume ce dernier point par le modèle du « chef en cuisine » : « Dans la cuisine d’un grand restaurant, plusieurs personnes travaillent, mais une seule personne est responsable de la qualité de ce qui finit dans l’assiette. » Pour soutenir les collaborateurs dans cette démarche, Liantis souhaite fournir des outils qui scannent en permanence la sécurité des applications créées par vibe coding et vérifient si le processus suivi est correct.

Maintenance sous-estimée

Construire une application est une chose, mais on oublie souvent qu’elle nécessite également une maintenance. « Vous devez être très conscient que ce que vous construisez, vous devez aussi l’entretenir par la suite. C’est une partie qui est plus difficile pour beaucoup de gens », explique M. Helsmoortel. « Si vous ne regardez plus l’application pendant six mois et qu’un problème survient, c’est là que le vrai travail commence. »

Coûts et sécurité

Outre la maintenance, l’aspect financier ne doit pas non plus être sous-estimé. « Les applications créées par vibe coding ne sont pas toujours aussi rentables que les solutions construites avec du code traditionnel », affirme-t-il.

Un utilisateur non technique juge rapidement un outil comme fonctionnel ou non, mais l’analyse s’arrête souvent là. Une bonne application doit également être rentable, sécurisée et évolutive. « Quiconque pense que le vibe coding rend le département informatique superflu se trompe », souligne M. Helsmoortel.

Quiconque pense que le vibe coding rend le département informatique superflu se trompe.

John Helsmoortel, Chief Technology Officer chez Liantis

Liantis n’est cependant pas seule. « Nous sommes fiers de soutenir Liantis avec une plateforme solide sur laquelle tournent toutes leurs activités numériques. Cela donne à Liantis une base sûre, évolutive et fiable, permettant aux équipes de se concentrer sur leurs activités principales tout en continuant à innover », déclare Robin Joncheere, Managing Director Belgique chez NTT DATA.

Développement augmenté par l’IA

Le département informatique peut également réaliser des gains d’efficacité grâce au vibe coding. Ainsi, Liantis mise sur le développement augmenté par l’IA, où les équipes logicielles existantes travaillent plus rapidement grâce à l’IA.

M. Helsmoortel illustre cela par un exemple : « La comparaison qui s’impose est celle de la perceuse manuelle par rapport à la perceuse sans fil : le résultat est le même, mais l’efficacité est nettement plus élevée. Nous constatons un gain de productivité de deux à sept fois, selon la tâche. »

« Avec la plateforme, Liantis peut accélérer les initiatives d’IA, de l’expérimentation à l’application industrielle : ce qui lui permet de raccourcir le délai de mise sur le marché, de mettre à l’échelle de nouveaux cas d’utilisation plus rapidement et de traduire les investissements technologiques en résultats commerciaux concrets », explique M. Joncheere.

Ici pour durer

« Le vibe coding est là pour durer. Nous ne voulons pas l’empêcher, mais au contraire le stimuler dans notre environnement. Cela exige toutefois des collaborateurs qu’ils pensent en systèmes. Si vous automatisez mal quelque chose, vous avez un gros problème. » M. Helsmoortel conclut par un petit conseil : « Expérimentez le vibe coding mais soyez prudent. Consacrez surtout suffisamment de temps aux bons prompts pour éviter le travail inutile et les problèmes », conclut-il.