Itdaily - Limites de virement réduites, temps d’attente prolongé : comment les banques veulent éradiquer la fraude

Limites de virement réduites, temps d’attente prolongé : comment les banques veulent éradiquer la fraude

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La réduction des limites de virement et l’allongement des temps d’attente font partie des nombreuses mesures qui seront prises pour limiter la fraude en Belgique.

Le ministre de la Protection des consommateurs Rob Beenders (Vooruit) et la fédération bancaire Febelfin ont annoncé de nouvelles mesures dans le cadre du plan d’action contre le phishing. Ainsi, les banques abaisseront notamment la limite standard pour les virements, un temps d’attente sera instauré lors de l’augmentation de ces limites et les dossiers de fraude devront être traités plus rapidement, rapporte VRT NWS. Effectuer un paiement important et rapide deviendra dès lors plus difficile. L’objectif est de limiter le nombre de victimes de fraude.

Limites réduites, attente prolongée

L’une des mesures consiste à abaisser les limites de virement. À partir de 2027, la limite standard pourra s’élever à un maximum de 5 000 euros par jour. Si des fraudeurs parviennent malgré tout à accéder à un compte, ils ne pourront pas transférer de grosses sommes en une seule fois. Bien que les clients puissent toujours demander une augmentation de leurs limites, des mesures de sécurité supplémentaires y sont liées.

À cela s’ajoute un temps d’attente obligatoire lorsque les clients souhaitent augmenter leurs limites. C’est ce qu’on appelle la « période de refroidissement ». Après la demande du client, l’augmentation ne prend effet qu’après au moins quatre heures. Dans les pratiques de phishing, les actions doivent se dérouler rapidement. C’est pourquoi ce délai peut aider à donner plus de temps aux clients pour remarquer et signaler des situations suspectes. De plus, les banques seront tenues d’avertir les clients lorsqu’une limite est augmentée et lorsque le temps d’attente est écoulé.

Transactions « en attente »

D’autres mesures concernent le partage des données relatives à la fraude entre les banques, la mise « en attente » des transactions suspectes et le traitement plus rapide des dossiers de fraude. Les banques s’efforcent de donner plus de clarté aux victimes dans les quinze jours ouvrables.

Fraudstop

En juin, Febelfin a lancé, en collaboration avec Beenders, Fraudstop, un numéro de téléphone central pour les consommateurs qui soupçonnent une fraude en ligne. Avec le numéro bien connu (Card Stop) 078 170 170, les victimes potentielles peuvent obtenir une aide rapide et bloquer leurs applications bancaires numériques.

Lutte contre la fraude

itsme passe également à l’action contre la fraude. L’entreprise belge de vérification d’identité espère ajouter plusieurs mesures de sécurité à son application de connexion d’ici 2027. L’accent est mis principalement sur la vérification du fait que la personne qui se connecte est bien l’utilisateur légitime.

Récemment, itsme a déjà ajouté une couche de sécurité supplémentaire. L’application avertit depuis peu les utilisateurs de la fraude numérique via l’écran de vérification. « Pour l’instant, ce sont principalement les banques qui utilisent cette nouvelle application dans le cadre de leur propre lutte contre la fraude », a déclaré Hannah Cloetens, porte-parole d’itsme.

Dans la lutte contre la fraude bancaire, ING Belgique a lancé l’année dernière une fonction « Vérifiez votre appel » permettant aux clients de vérifier s’ils ont affaire ou non à un fraudeur.

Remboursements ?

Bien que ces mesures puissent réduire le nombre de cas de fraude, peu de choses sont dites sur l’intervention des banques lorsqu’une fraude a tout de même eu lieu. Une banque ne peut en effet pas refuser le remboursement immédiat d’un paiement frauduleux au motif que le client aurait pu faire preuve de négligence. C’est ce qu’a affirmé l’avocat général Athanasios Rantos cette année dans un avis rendu à la Cour de justice de l’Union européenne.

« Nous restons en concertation continue et détectons de nouvelles formes de phishing. Nous pouvons ainsi intervenir rapidement. Si nous ne voulons pas que la Belgique reste une cible attrayante, tout le monde doit participer : les opérateurs télécoms, les réseaux sociaux et les entreprises technologiques, la police et la justice », déclare Beenders.