La crise persistante de la mémoire fait grimper le prix d’entrée des smartphones. Omdia prévoit que les fabricants de smartphones réduiront considérablement leur offre d’appareils d’entrée de gamme.
Quiconque cherche un nouveau smartphone sans vouloir y consacrer trop d’argent semble s’engager dans une quête difficile. Omdia prévoit que les appareils à petit prix (moins de 400 euros) deviendront progressivement une exception. L’offre de smartphones dans les tranches de prix inférieures risque de se contracter de 22 %.
L’explication n’est pas à chercher bien loin. Depuis la fin de l’année dernière, les prix des mémoires RAM et NAND sont en hausse quasi ininterrompue et aucune amélioration ne semble à l’ordre du jour dans l’immédiat. Les entreprises d’IA achètent massivement de la mémoire et c’est surtout le marché de l’électronique qui en subit les conséquences. Tout comme sur le marché des ordinateurs portables, les prix des smartphones augmentent donc sensiblement.
Coûts plus élevés, marges plus faibles
Cela touche particulièrement les segments de prix inférieurs, note Omdia, car la mémoire y représente une part beaucoup plus élevée du coût de production. Pour les appareils de moins de quatre cents euros, la mémoire compte pour près de 60 % des coûts de production totaux. Cela rend presque impossible pour les fabricants d’atteindre les marges souhaitées sur ces appareils, et il devient donc moins intéressant de les produire en masse.
Pour les appareils plus coûteux (800 euros ou plus), l’impact des prix de la mémoire est pour l’instant plus limité, bien que le coût de la mémoire augmente également de manière sensible dans le segment premium. La mémoire représente désormais 26 % du coût de production total, alors qu’elle n’en représentait que 11 % au troisième trimestre 2025.
Le marché se contracte
Les fabricants peuvent économiser sur l’écran, l’appareil photo et le processeur pour compenser les coûts de la mémoire. Pourtant, Omdia prévoit surtout un basculement vers les segments milieu de gamme et premium dans l’offre de smartphones. Soit davantage d’appareils plus chers seront produits, soit des appareils qui appartenaient auparavant au segment d’entrée de gamme passeront à une catégorie de prix supérieure.
Reste à savoir si le consommateur attend cela avec impatience. Les fabricants réalisent leurs volumes précisément sur les appareils les moins chers, surtout sur des marchés tels que l’Asie, l’Afrique et l’Amérique latine. L’année s’annonce donc difficile pour le marché des smartphones. IDC prédisait déjà en début d’année une contraction de 12,9 % des ventes mondiales. Omdia constate également que les consommateurs conservent leurs appareils plus longtemps pour retarder l’achat d’un nouvel appareil, ou se tournent vers le marché de l’occasion.
La situation sur le marché de la mémoire ne semble pas prête de changer rapidement. Les producteurs de mémoire tels que Samsung, SK Hynix et Micron sont actuellement les grands gagnants. Les fabricants et surtout les consommateurs en paient le prix en bout de chaîne.
