La NSA aux États-Unis utilise Anthropic Mythos, bien que le gouvernement ait désigné Anthropic comme une entreprise à risque avec laquelle il est normalement interdit de faire des affaires.
La NSA fait fi de l’interdiction faite aux agences gouvernementales de traiter avec Anthropic. Axios sait, de la part de deux sources anonymes, que le service de renseignement utilise la version préliminaire d’Anthropic Claude Mythos. Ce nouveau modèle très puissant s’est avéré capable de détecter très efficacement des failles de sécurité dans les logiciels, et a même trouvé des bugs critiques dans des logiciels qui n’avaient jamais été mis au jour auparavant.
L’utilité d’un tel modèle pour la NSA est évidente. Le service est spécialisé dans l’espionnage, et Mythos est potentiellement un outil très puissant pour trouver des portes dérobées dans les environnements informatiques des cibles.
Risque dans la chaîne d’approvisionnement
Pourtant, l’utilisation de Mythos est particulièrement frappante. Les États-Unis ont en effet désigné Anthropic comme un « risque dans la chaîne d’approvisionnement ». Il s’agit d’un label normalement réservé aux entités étrangères, telles que les entreprises chinoises ayant des liens avec le gouvernement.
Anthropic a reçu ce label parce qu’elle a refusé de donner carte blanche au Pentagone pour l’utilisation de ses modèles d’IA à des fins d’espionnage de masse sur ses propres citoyens ou pour le développement de robots autonomes dotés de capacités de tuer. Le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, a considéré cela comme un tel affront qu’il a tenté de menacer Anthropic et a fini par brandir le label de risque.
Au nom de la sécurité nationale
Le label était déjà très clairement dicté par des sentiments de rancœur et non par une quelconque considération factuelle. Hegseth a toutefois réussi à créer un climat de menace et de pression dans lequel l’IA est désormais développée aux États-Unis. Maintenant qu’il s’avère que la NSA ignore tout simplement ce label et utilise Mythos, l’histoire devient une véritable farce. Cette révélation n’est pas une surprise totale : il y a quelques jours, il est déjà apparu que des services gouvernementaux cherchaient à accéder à Mythos.
Anthropic tente par la voie juridique de se débarrasser de ce label préjudiciable, bien que cela ne réussisse pas immédiatement. Entre-temps, le Pentagone soutient qu’Anthropic est un risque pour la sécurité nationale, tandis que les services de sécurité nationale concluent de nouveaux contrats avec Anthropic au nom de la sécurité nationale.
