Oppo semble mettre en avant la gamme Reno pour succéder à OnePlus, désormais absent. En matière de caméras, le Reno 16 Pro tient toutes ses promesses ; en revanche, les performances sont moins convaincantes.
Oppo ne perd pas de temps avec sa gamme Reno. Il y a un an et demi, nous testions encore le Reno 13, et nous en sommes déjà au Reno 16. Seuls quelques mois séparaient les lancements des gammes Reno 14, 15 et 16. Pourquoi Oppo est-il si pressé ? L’explication n’est pas à chercher bien loin.
OnePlus s’en va.
Le Reno 16 Pro a été lancé au moment où OnePlus quitte le marché européen, et ce n’est probablement pas un hasard. Le positionnement tarifaire est tout aussi frappant : à 1 099 euros TTC, le Reno 16 Pro coûte pas moins de 300 euros de plus. Une hausse considérable qui ne peut être justifiée par le seul coût plus élevé de la mémoire RAM. Ce n’est sans doute pas non plus une coïncidence s’il s’agit exactement du même prix que le OnePlus 15 lors de son lancement.
Cela laisse au moins fortement supposer qu’Oppo met en avant sa gamme Reno pour combler le vide laissé par OnePlus. Le Reno 16 Pro doit donc jouer dans une autre catégorie et rivaliser avec les téléphones premium. Est-ce une réussite ? L’Oppo Reno 16 Pro est-il le OnePlus 16 que nous ne verrons plus en Europe ?
Design 3D
La gamme Reno ne craint pas l’ostentation. Oppo ose parfois expérimenter avec le design. Le modèle noir envoyé à notre rédaction reste très sobre, mais il existe aussi une version blanche intégrant une figure en 3D à l’arrière. Avec une taille d’écran de 6,3 pouces, c’est un smartphone « plus petit », léger et confortable en main.
L’écran est d’une qualité plus que correcte. Les 1 216 x 2 640 pixels assurent une image nette, même si Google intègre encore un peu plus de pixels dans la même surface sur le Pixel 11 Pro (1 280 x 2 856). L’Oppo Reno 16 Pro compense cela par un taux de rafraîchissement plus élevé allant jusqu’à 144 Hz, ce qui garantit des images fluides lors de la lecture de vidéos ou de jeux. La luminosité maximale est plutôt modeste avec 772 nits.
Les caméras volent la vedette
Les caméras sont depuis des années la vitrine de la gamme Reno. Oppo s’adresse d’ailleurs davantage aux créateurs de contenu qu’aux professionnels. Au fil des ans, la marque a introduit des fonctions créatives comme la prise de photos sous l’eau. La vidéo n’est pas en reste avec, entre autres, la prise en charge de la vidéo 4K (60 ips), la stabilisation optique de l’image, le ralenti et les vidéos en accéléré, le tout complété bien sûr par des fonctionnalités d’IA, utiles ou non.
En ce qui concerne les spécifications de la caméra, le Reno 16 Pro ne bénéficie d’aucune mise à niveau notable. Le capteur principal de 200 MP est à nouveau flanqué d’un ultra grand-angle de 50 MP et d’un téléobjectif de 50 MP. À l’avant, on trouve également un capteur grand-angle de 50 MP qui permet de prendre des autoportraits avec différentes distances focales.
Oppo choisit de conserver ce qui fonctionne, et les caméras sont tout simplement bonnes. Le capteur principal capture beaucoup de détails et les images présentent des couleurs justes et réalistes. L’ultra grand-angle conserve cette sensation de netteté et de couleur sans effort jusqu’aux bords de l’image. Peu importe ce que vous essayez de photographier et comment, vous y parviendrez très probablement avec ces caméras.












Zoomer comme un Pro
Avec le Find X9 Ultra, Oppo a peut-être intégré le meilleur zoom jamais vu sur un smartphone. On ne peut pas attendre du Reno 16 Pro qu’il atteigne le même niveau, mais le zoom de cet appareil se montre également très performant. Le capteur de 50 MP prend en charge un zoom optique 3x, mais peut aller étonnamment loin avec le zoom numérique avant que les premiers « grains » n’apparaissent.
Au-delà d’un zoom numérique 60x, l’IA prend le relais. Le zoom IA reproduira les détails de la photo le mieux possible : les aiguilles d’une horloge vous indiqueront l’heure exacte, même si vous ne pourriez pas les lire à l’œil nu. Mais plus vous zoomez, plus vos photos commencent à ressembler à une peinture à l’aquarelle ; ne vous attendez donc pas à pouvoir zoomer indéfiniment sans perte de qualité.












Processeur et performances : pas si Super
Le haut niveau des caméras ne se retrouve pas dans les composants internes de l’appareil. Le Reno 16 Pro est équipé d’un MediaTek Dimensity 8550 Super. Ce dernier qualificatif ne masque pas le fait qu’il ne s’agit pas du processeur le plus rapide de l’écurie MediaTek, et qu’il ne peut certainement pas rivaliser avec les puces Snapdragon Elite de Qualcomm.
Les benchmarks montrent que le Reno 16 Pro n’affiche pas des performances de niveau flagship. La différence avec le Samsung Galaxy S26, pourtant cent euros moins cher, est visible. Les scores tombent même en dessous des téléphones Pixel, dont nous disons depuis des années que les puces Tensor sont un peu « lentes » dans ce segment. Le moins performant de ce graphique est le Flip 8 de Samsung : le pliable impose encore parfois des concessions.
Au-delà des chiffres, on ne peut pas dire que le Reno 16 Pro ne fait pas son travail. Nous n’avons constaté aucun ralentissement ou lenteur visible durant notre période de test. Avec 12 Go de RAM et 256 Go de stockage, vous ne manquerez de rien en matière de mémoire.
GPU : la cohérence avant la puissance
Nous n’attendons pas de miracle graphique. En matière de performances GPU, le OnePlus 15 reste le champion incontesté, bien que le S26 dispose également d’une solide puissance graphique. Les scores du Reno 16 Pro sont à nouveau bas en comparaison, mais l’appareil est assez puissant pour faire tourner des jeux en 3D.
Ce qui joue en faveur du Reno 16 Pro, c’est la constance des performances du GPU. Il n’est pas rare que des GPU plus puissants atteignent des sommets avant de chuter brutalement. C’est ce que nous observons avec l’Oppo Find X9 Pro et le Samsung Flip 8. Le Reno 16 Pro a peut-être un pic modeste, mais il continue de tourner à 82 % de ce pic.
Batterie
En 2026, les smartphones disposent de grandes batteries. Le Reno 16 Pro suit la tendance avec 6 700 mAh. On peut donc s’attendre à de bons scores aux tests d’autonomie, et c’est certainement le cas pour la vidéo. Même avec les spécifications d’affichage au maximum, nous avons pu faire tenir la batterie jusqu’à 24 heures. Sachant qu’il ne s’agit pas de schémas d’utilisation « normaux », vous êtes assuré de tenir 24 heures sur une seule charge en usage quotidien.
Une utilisation intensive laisse des traces plus rapidement sur la batterie. Lors du test de performance, elle a rendu l’âme après treize heures. Cela est probablement dû au processeur qui supporte moins bien une charge continue. Tous les autres appareils dotés de composants plus « lourds » font mieux lors de ce test, même si leur batterie est plus petite.
Charge rapide (par câble)
La fiche technique officielle mentionne une capacité de charge allant jusqu’à 80 W pour le Reno 16 Pro. Ce que nous avons constaté à plusieurs reprises lors des tests d’appareils Oppo, c’est que cette vitesse de charge promise n’est atteinte qu’avec un chargeur SuperVooc. Si vous n’en avez pas, vous devrez vous contenter de 55 W avec un câble Power Delivery « classique ».
Même avec cette capacité de charge « bridée », le Reno 16 Pro affiche des temps de charge rapides. Pour réduire autant que possible le facteur de la taille de la batterie, nous regardons combien de minutes d’utilisation vous obtenez par minute de charge. Pour le Reno 16 Pro, c’est environ 27 minutes, soit autant que le Find X9 Pro. Seul le OnePlus 15 fait mieux.
Le Reno 16 Pro ne prend pas en charge la charge sans fil. C’est pourtant devenu un standard pour les téléphones à mille euros ou plus. Cela montre d’une certaine manière que le Reno 16 Pro n’est pas encore un flagship à part entière.
Logiciel peu professionnel
Sur le plan logiciel, Oppo se laisse malheureusement aller à ses vieux démons. Le système d’exploitation ColorOS est pollué par des bloatwares. Lors du premier démarrage, on pourrait croire qu’il s’agit d’un téléphone d’occasion, tant l’écran est rempli d’applications préinstallées.
Nous voulons bien fermer les yeux sur le dossier d’applications Oppo, mais des applications chinoises comme TikTok, Temu et Alibaba n’ont pas leur place sur votre téléphone. L’application qui dépasse les bornes n’est pas d’origine chinoise : avec AutoDoc, vous pouvez commander des pièces automobiles. Pour cela, vous devez cependant accepter l’installation de divers trackers sur votre appareil. Non merci.
Une fois le choc initial passé et le grand nettoyage terminé, ColorOS reste une interface Android tout à fait correcte. Oppo promet jusqu’à six ans de mises à jour logicielles, conformément aux règles européennes. La plupart de ses concurrents directs en proposent désormais sept. Ici aussi, Oppo aurait pu montrer qu’il prenait le Reno 16 Pro au sérieux, mais il laisse passer sa chance.
Conclusion : de grandes chaussures à chausser
Avec le Reno 16 Pro, la gamme de milieu de gamme d’Oppo fait ses premiers pas prudents dans le segment premium. En matière de design, de batterie et surtout de caméras, l’appareil y a gagné sa place, mais sur le plan des performances, il boxe encore au-dessus de sa catégorie. La question est de savoir si la gamme Reno doit franchir ce pas.
Dans ce test, nous avons comparé à plusieurs reprises avec OnePlus. Ce n’est pas dans le segment de prix le plus élevé que le départ de OnePlus se fera sentir, car Oppo y est déjà présent avec la gamme Find X. Pour le segment du milieu de gamme (supérieur), le Reno 16 Pro a tous les ingrédients pour briller. Cet appareil peut chausser les souliers de OnePlus, si Oppo lui donne la bonne pointure.
Testé : Oppo Reno 16 Pro CPH2863 – MediaTek Dimensity 8550 Super, 12 Go de RAM, 256 Go de stockage, batterie de 6 700 mAh, Android 17, 6 ans de mises à jour – 1 099 euros TTC.
Points forts
- Caméras dignes d’un flagship
- Écran 144 Hz
- Bonne autonomie
- Charge rapide (par câble)
Points faibles
- Bloatwares gênants
- Charge sans fil non prise en charge
- Pas de processeur premium
- Forte hausse de prix
