Le secteur belge des télécoms lance la Fiber Charter afin de coordonner le déploiement des réseaux de fibre optique. Huit opérateurs s’engagent ainsi à limiter les nuisances pour les citoyens et les entreprises pendant les travaux. Seul Digi ne participe pas.
L’infrastructure numérique de la Belgique reçoit un nouvel élan grâce à une initiative commune des principaux acteurs du marché. Avec le lancement de la Fiber Charter, les opérateurs télécoms font un pas vers une approche plus coordonnée du déploiement des réseaux. Sous le regard attentif du CEO d’Agoria, Bart Steuckers, et de la ministre fédérale de la Digitalisation, Vanessa Matz (Les Engagés), huit opérateurs télécoms ont apposé leur signature au bas de la charte.
Le secteur, qui investit chaque année quelque 2,5 milliards d’euros dans l’infrastructure numérique, souhaite ainsi soutenir les ambitions numériques du pays. L’objectif est d’accélérer le déploiement des réseaux gigabit tout en maîtrisant l’impact sociétal des travaux physiques. Le déploiement de la fibre optique avance en Belgique bien plus lentement que dans d’autres pays européens.
Une collaboration entre opérateurs
Huit opérateurs se sont engagés au titre de cette nouvelle charte. Il s’agit des « trois grands », Orange, Proximus et Telenet, mais aussi d’autres acteurs comme Eurofiber et Colt, ainsi que des joint-ventures Wyre et Fiberklaar. Ils visent un mode de travail efficace et transparent sur le domaine public, dans lequel la collaboration entre les différents acteurs occupe une place centrale.
La charte contient des engagements concrets sur la qualité de l’exécution et la communication vers les riverains. Les entreprises promettent ainsi de mieux coordonner les chantiers et de proposer des interlocuteurs fixes aux pouvoirs locaux et aux habitants.

Les opérateurs misent aussi sur une communication proactive avant et pendant les travaux. Cela comprend notamment une signalisation de qualité et la remise en état correcte du domaine public après la pose des câbles de fibre optique. La charte n’est pas contraignante et constitue plutôt un engagement de collaboration et d’autorégulation.
Priorité à la croissance numérique
La ministre Matz soutient l’initiative. Elle souligne que la collaboration entre les opérateurs et les pouvoirs locaux est essentielle pour limiter les nuisances pour les riverains pendant l’extension des réseaux. Le secteur considère le déploiement de la fibre optique comme une condition indispensable à la compétitivité économique de la Belgique. Les entreprises qui s’appuient sur l’intelligence artificielle et l’analyse de données dépendent entièrement, pour leur survie, de réseaux performants.
Bart Steuckers, CEO d’Agoria, affirme que les investissements dans les réseaux de nouvelle génération doivent aller de pair avec le respect de l’environnement. Selon lui, une base numérique solide est cruciale pour la productivité et l’innovation de l’économie belge.
La fibre optique n’est pas seulement un investissement dans une meilleure connectivité aujourd’hui, mais aussi dans les applications, les entreprises et les emplois de demain.
Bart Steuckers, CEO Agoria
Digi ne participe pas
Le grand absent est Digi, actif en Belgique depuis près de deux ans maintenant. Bart Steuckers explique à Belga que Digi a participé aux discussions préparatoires, mais n’indique pas pourquoi l’entreprise n’a pas cosigné la charte. L’opérateur télécoms n’a lui-même fourni aucune explication. Les concurrents de Digi se montrent moins compréhensifs.
Stijn Bijnens, CEO de Proximus depuis septembre 2025, déclare regretter qu’un opérateur ne se joigne pas à la démarche. « Les mêmes règles et les mêmes normes doivent s’appliquer à tous les opérateurs. Aucun compromis ne peut être fait sur la sécurité », dit-il à Belga. Son prédécesseur Guillaume Boutin s’était parfois montré ouvertement critique envers Digi par le passé.
Lors du déploiement de la fibre optique par Digi, des irrégularités avaient pourtant été constatées à la suite d’une plainte de Proximus. L’entreprise a même dû arrêter les travaux à Bruxelles, sous peine d’amendes. La décision a été confirmée en appel. La maison mère Citymesh a, peut-être pour cette raison, repris les rênes plus fermement chez Digi.
