Itdaily - Le marché des PC est frappé par la crise de la RAM (et les smartphones en pâtissent aussi)

Le marché des PC est frappé par la crise de la RAM (et les smartphones en pâtissent aussi)

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Au cours du dernier trimestre, les ventes de nouveaux PC ont chuté de cinq pour cent. Un signe avant-coureur selon IDC, qui prévoit un avenir sombre, surtout pour les petites marques.

2026 risque de ne pas être une année faste pour le marché des PC. C’est ce que constate IDC après une analyse des chiffres du deuxième trimestre. Durant cette période, cinq pour cent de nouveaux appareils en moins ont été vendus par rapport à l’année précédente. Cela met un terme brutal à neuf trimestres de croissance. Sans surprise, IDC pointe la crise de la RAM comme cause principale.

La RAM fait grimper les prix

Les fabricants de PC sont en effet en pleine crise de la RAM, qui maintient le secteur sous son emprise. Les prix de la mémoire RAM ont atteint des sommets inégalés depuis la fin de 2025 et une baisse ne semble pas immédiate. Dans le sillage de la RAM, le prix d’autres composants informatiques importants, tels que les SSD, augmente également.

Ce sont surtout les consommateurs qui en font les frais, littéralement. Les fabricants réagissent à la situation en augmentant les prix ou en réduisant la quantité de RAM qu’ils intègrent dans les modèles d’entrée de gamme. Les ordinateurs portables à petit budget sont donc devenus presque introuvables. Cela pourrait amener les consommateurs et les entreprises à reporter l’achat d’un nouvel appareil, estime IDC.

« Compte tenu de la dégradation des conditions macroéconomiques et d’une pénurie de puces mémoire qui ne devrait s’atténuer qu’au début de 2028, nous prévoyons un net ralentissement des taux de croissance au second semestre 2026. Les fournisseurs se préparent à de nouvelles hausses de prix en 2027 », déclare Jitesh Ubrani, analyste chez IDC.

Apple tire son épingle du jeu

Pourtant, presque toutes les grandes marques de PC traditionnelles voient leurs chiffres de vente baisser. Le leader du marché, Lenovo, a vendu deux pour cent de PC en moins, tandis que pour HP et Dell, la baisse s’élève à neuf et cinq pour cent. Apple est le premier de la classe avec une hausse de dix pour cent. Avec le Macbook Neo, un modèle d’entrée de gamme, Apple a su toucher la corde sensible des consommateurs en matière de prix. Entre-temps, le prix de cet appareil a lui aussi déjà fortement augmenté.

IDC constate néanmoins une divergence frappante entre les PC vendus et le chiffre d’affaires. Les grands acteurs n’ont pas réalisé moins de chiffre d’affaires alors que leurs chiffres de vente diminuaient. Cela s’explique par le fait qu’ils disposent de plus de marge pour augmenter leurs prix de manière préventive et obtenir juste assez de stock auprès de leurs fournisseurs. La situation actuelle du marché sera donc surtout préjudiciable aux petites marques et aux distributeurs qui n’ont pas ce pouvoir, et les rapports de force s’accentuent donc davantage.

Les smartphones partagent les coups

Nous observons la même tendance sur le marché des smartphones que sur celui des PC. Une analyse partagée par Omdia montre que les prix des smartphones augmentent également de manière sensible et que les appareils à petit budget (jusqu’à 400 euros) deviennent plus rares. Cela a logiquement un impact sur les ventes (prévues). IDC a prédit plus tôt cette année une contraction de 12,9 % des ventes de smartphones, ce qui représenterait l’une des plus fortes baisses jamais enregistrées.

Pendant ce temps, on attend toujours des signaux d’espoir de la part de l’industrie de la mémoire, qui ne viennent pas encore. Pour les fabricants de mémoire, la situation est loin d’être défavorable : ils réalisent des bénéfices monstres et peuvent bloquer les prix élevés actuels pour des années, car les entreprises paient ce qu’il faut pour obtenir de la mémoire. Les fabricants de puces annoncent certes des extensions de leur capacité de production, mais une nouvelle usine ne se construit pas en un jour.

Les analystes craignent qu’il faille attendre 2027, voire 2028, avant que les prix de la mémoire ne reviennent à un niveau « normal ». C’est une mauvaise nouvelle pour les fabricants de PC et de smartphones, mais surtout pour les consommateurs qui se voient présenter la facture finale.