SAS lance de nouvelles solutions de données et d’IA lors d’Innovate. La confiance dans les données reste le fondement de tout ce que fait SAS.
SAS a donné mardi le coup d’envoi de sa conférence annuelle Innovate à Grapevine, au Texas. Une édition festive, car SAS fête son cinquantième anniversaire cette année. En cinq décennies, l’entreprise est devenue un acteur mondial de l’analytique, mais même pour les experts les plus chevronnés, il n’y a plus de certitudes aujourd’hui.
« L’IA met toute la chaîne sous pression », remarque le CTO Bryan Harris. « La question de construire ou d’acheter est à nouveau un débat pertinent aujourd’hui. Les entreprises examinent si elles peuvent remplacer les fournisseurs par l’IA. Il appartient aux fournisseurs de SaaS, tels que SAS, de se réinventer. » C’est ce que SAS veut faire sans perdre sa philosophie d’origine : instaurer la confiance dans la technologie et les données.
De l’ordre dans le chaos
SAS lance un tout nouveau produit lors d’Innovate : l’AI Navigator. Grâce à cette plateforme, les organisations créent un inventaire central de tous les modèles d’IA utilisés, de leurs interdépendances et des politiques de soutien. La solution fonctionne également au-delà des frontières de l’écosystème SAS Viya.
« L’AI Navigator offre une vue d’ensemble de ce qui est utilisé, où cela est utilisé et dans quel but. La gouvernance est plus qu’un problème technologique. Avec AI Navigator, nous voulons rendre l’IA fiable incontournable », déclare Reggie Townsend, VP AI Ethics chez SAS. AI Navigator sera disponible à partir du troisième trimestre via la Microsoft Azure Marketplace.

Investir dans ses propres forces
Le spécialiste de l’analytique n’hésite pas à faire le ménage dans son propre portefeuille. Data Management, qui fait partie de Viya, bénéficie d’une refonte totale en marge d’Innovate. Cela doit permettre de mettre plus clairement en avant les différentes étapes du cycle des données, de la gestion aux intégrations d’IA. « SAS ne construit rien de manière isolée, mais un écosystème connecté », explique Jared Peterson, VP Global Engineering.
L’un des nouveaux ajouts est SpeedyStore, qui permet aux organisations d’« apporter l’analytique à leurs données plutôt que l’inverse », ajoute Alyssa Farell, Senior Director of Data and AI Strategy, aux propos de son collègue. Cela permet aux données de moins se déplacer, ce qui profite tant aux performances qu’au contrôle. « La gestion des données est profondément ancrée dans l’écosystème. Nous investissons dans nos propres forces, et non dans des acquisitions », ajoute-t-elle, avec une petite pique à l’égard de Salesforce.
Le battage médiatique autour des agents d’IA n’a pas non plus échappé à SAS, mais l’entreprise le fait à sa manière. Viya Copilot continue d’évoluer pour devenir un spécialiste de l’analyse artificielle, et SAS prend également en charge MCP et RAG pour connecter Viya à des agents d’IA externes tels que Claude. Cela devrait conduire à de meilleures décisions, ou comme le formule si bien Marinela Profi (Global AI & Generative AI Market Strategy Lead) : « On ne résout pas des problèmes commerciaux avec des LLM ».
SAS propose également des modèles d’IA prêts à l’emploi pour différents secteurs, d’un « SAS 360 Agent » pour le marketing à des agents pour la gestion de la chaîne d’approvisionnement et les soins de santé. Les modèles doivent se distinguer par leur connaissance du contexte spécifique du secteur pour lequel ils ont été conçus. « C’est ce qui fait la différence entre une technologie d’IA qui n’est pas seulement intéressante, mais aussi fiable », explique Udo Sglavo (VP Applied AI and Modelling).
Laboratoire d’essai pour le quantique
Lors d’Innovate, SAS ne revient pas seulement sur 50 ans d’expérience dans les données et l’IA, mais regarde aussi vers l’avenir. L’année dernière, à Orlando, SAS avait tenté de nous enthousiasmer pour l’« IA quantique », mais cette année, ce thème semble jouer un rôle moins important. Cela ne signifie pas qu’un « froid quantique » s’est soudainement installé, mais la barre est encore trop haute pour de nombreuses organisations.
C’est ce que reconnaît également Amy Stout qui, en tant qu’Head of Quantum Product Strategy, doit guider SAS vers l’ère quantique. À l’occasion d’Innovate, SAS a interrogé des chefs d’entreprise sur leur perception de la technologie quantique. « Le quantique est encore un peu perçu comme le “Far West”. Nous constatons que les entreprises trouvent cela intéressant et veulent investir, mais aussi qu’il existe encore trop d’obstacles pratiques. » Les trois principaux obstacles sont l’incertitude quant aux applications pratiques, les coûts élevés et le manque de personnel qualifié.
SAS souhaite abaisser la barre et ouvrira un « laboratoire quantique » au quatrième trimestre pour ses clients Viya. Cela offrira la possibilité d’acquérir de l’expérience sans avoir à acheter un ordinateur quantique et de comparer les applications pour lesquelles le quantique peut apporter une valeur ajoutée. Le laboratoire d’essai comprendra même un assistant IA intégré pour vous guider dans le monde merveilleux de la technologie quantique. « Les entreprises pourront expérimenter sans frais élevés ni diplôme particulier », résume Mme Stout.
Le quantique est encore perçu comme le « Far West ».
Amy Stout, Head of Quantum Product Strategy SAS
Avec ces nouvelles annonces, SAS veut sortir l’IA de sa phase expérimentale et lui permettre d’avoir un impact fiable. La fiabilité reste une exigence non négociable pour SAS. « En période d’incertitude, la confiance est votre monnaie la plus précieuse », conclut Harris sur une note philosophique.
