Les DSI ressentent la pression de prouver et de défendre les résultats de l’IA

Les DSI ressentent la pression de prouver et de défendre les résultats de l’IA

Selon une étude mondiale, les DSI ne seront plus jugés en 2026 sur l’expérimentation de l’IA, mais sur leur capacité à prouver, surveiller et défendre les résultats de l’IA à grande échelle.

L’IA n’est plus un projet d’innovation pour les DSI, mais un indicateur de performance. C’est ce qui ressort du rapport « 7 Career-Making AI Decisions for CIOs in 2026 » de Dataiku, basé sur une enquête réalisée par The Harris Poll auprès de 600 DSI de grandes entreprises mondiales. L’étude montre que 74 % des DSI regrettent au moins un choix important de fournisseur d’IA effectué au cours des 18 derniers mois. De plus, 85 % affirment qu’un manque de traçabilité ou d’explicabilité a ralenti, voire empêché, la mise en production de projets d’IA.

La pression ne vient pas seulement des départements informatiques eux-mêmes. 98 % des DSI interrogés indiquent que la pression exercée par le conseil d’administration pour démontrer un ROI mesurable de l’IA a augmenté depuis 2024. Sept sur dix s’attendent en outre à de nouvelles exigences d’audit ou d’explicabilité d’ici douze mois.

L’explicabilité comme point de blocage

Près de trois DSI sur dix déclarent avoir dû, au cours de l’année écoulée, défendre à plusieurs reprises des résultats d’IA qu’ils ne pouvaient pas totalement expliquer. En France, ce chiffre grimpe même à 39 %. L’explicabilité semble également avoir un impact direct sur la production : 85 % des répondants signalent que des lacunes en matière de traçabilité ont ralenti ou interrompu des déploiements d’IA.

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Les rôles de CIO et CTO convergent

Les agents d’IA constituent également un point d’attention. 87 % des DSI affirment que des agents sont déjà intégrés dans des processus critiques pour l’entreprise. Pourtant, seuls 25 % peuvent surveiller l’intégralité des agents en production en temps réel. Selon le rapport, cela crée un fossé entre le déploiement et le contrôle.

Le ROI et la gouvernance deviennent déterminants

Outre le contrôle technique, la pression financière s’accentue. 71 % des DSI jugent probable que les budgets alloués à l’IA soient gelés ou réduits si aucun résultat mesurable n’est présenté d’ici la mi-2026. Par ailleurs, 85 % s’attendent à ce que leur propre rémunération soit liée à des résultats d’IA démontrables.

Il existe des différences régionales. Aux États-Unis, 29 % signalent une forte augmentation de la pression concernant le ROI de l’IA, contre 17 % au niveau mondial. Au Japon, 30 % affirment en revanche que les problèmes d’explicabilité n’ont jamais entraîné de retard, bien que seulement 15 % puissent y surveiller l’intégralité des agents d’IA.